C'est en lisant la news letter du quotidien suisse, Le Temps, que j'ai appris les résultats du second tour des élections législatives qui s'est déroulé hier : "Le Parti socialiste remporte la majorité absolue, mais l’échec de Ségolène Royal à La Rochelle ternit la victoire aux élections législatives. Marine Le Pen rate son entrée à l’Assemblée nationale, mais sa nièce et l’avocat Gilbert Collard entrent, eux, au parlement".
Je n'avais pas branché la radio depuis samedi matin. Et, il m'arrive de moins en moins souvent de lire la presse en ligne. Je ne pense plus à ouvrir mes comptes Twitter — il me faut être complètement désœuvré, en panne d'idées récréatives, pour être incité à le faire. Et quand ça m'arrive, je quitte généralement les pages de Twitter au bout de cinq minutes, tellement l'insignifiance des messages m'accable. Dire que j'ai passé des heures face à l'écran de mon PC, fasciné par les flux de ce réseau social... En y repensant, je me demande ce que je pouvais trouver d'attrayant dans cet infâme marécage.
Si j'ouvre encore Google Plus assez régulièrement — une ou deux fois par jour —, c'est pour me tenir au courant de ce que peuvent annoncer en ligne deux ou trois de mes contacts les plus proches. Autant dire, pour résumer, que la façon dont tourne le monde, et particulièrement le monde virtualisé, m'est de plus en plus indifférente.
Dans le domaine des réseaux sociaux, seul Pinterest trouve encore grâce à mes yeux, bien que progressivement le temps que je passe quotidiennement à construire une collection d'images se fait de plus en plus bref. Pour le moment, je ne suis pas sur le point d'abandonner ce réseau : j'y trouve encore des choses qui animent la curiosité qui me porte vers la découverte en ligne des arts plastiques. Par son fonctionnement, Pinterest me procure aussi le plaisir de contempler en photos une foule de beaux animaux — "beaux animaux" est un pléonasme, les animaux sont toujours beaux, seuls les quadrupèdes humains sont laids, et très exceptionnellement beaux.
Je m'égare un peu, mais pas tant que ça, puisque, si je me préserve des informations qui passionnent mes contemporains — la politique, le sport, l'économie, les divertissements, les produits de consommations, le travail, le sexe, les maladies, le tourisme, etc. —, en ne prêtant plus attention aux pseudos évènements dont ils sont abreuvés jusqu'à l'ivresse, on comprendra que c'est parce que je classifie tout ce qui apparaît indispensable à leur triste existence comme absolument inutile, et que je me contente, au contraire, de ce qui leur semble totalement futile, tel que le plaisir de discuter longuement avec mes animaux. Mes animaux m'en apprennent bien plus sur le monde que toutes les chaînes d'informations réunies.
Une mouche m'est dix fois plus précieuse qu'un connard comme ce Thierry Roland que la France entière vient de pleurer à chaudes larmes. C'est d'ailleurs pour éviter d'entendre les monstrueuses jérémiades qui, dès l'annonce de la mort de l'idole nationale du jour, commençaient à parasiter les ondes que je n'ai pas remis la radio au cours de ce week-end. Putain de civilisation !
18 June 2012
15 May 2012
Le Bon Filon
Les jours passent et seul le volume d'images épinglées sur Pinterest m'indique que quelque chose sur le Web éveille encore pour moi un peu d'intérêt, que tout n'est pas complètement détérioré, que quelques terres vierges méritent d'êtres explorées. Perçue sous l'angle des réseaux sociaux, la Toile me paraît presque désagrégée, atomisée, car plus rien ne fait sens. Il me semble que tout a croulé sous le poids de la masse, suite à une trop grande accumulation de données triviales et totalement insignifiantes. J'ai l'impression, face à l'écran, de me perdre dans un univers extrêmement bruyant, un vacarme d'où il est de plus en plus difficile d'extraire un signal porteur d'intelligence. Si, sur Google Plus, la somme de mes cercles totalisaient 3694 profiles au début du mois, je n'en compte plus que 766 aujourd'hui. Je devrai encore réduire ce chiffre à 10 profiles environ pour refléter réellement l'activité des internautes qui postent, plus ou moins régulièrement, quelques informations passablement intéressantes. Bref, c'est le bordel !
Piloter sur cet immense marécage encombré de déchets, c'est prendre le risque de se retrouver prisonnier d'un amoncellement de merdes à la dérive. Pour éviter ce genre de déboires, il faut naviguer rapidement vers une destination connue, parmi celles inscrites dans nos bookmarks du temps où l'on pouvait encore se baguenauder sereinement sur le Net. Maintenant, quand on sort sur la Toile, on doit toujours pouvoir passer en force, donc penser à ne jamais trop réduire sa vitesse, garder à l'esprit la dangerosité des courants qui tentent de vous rabattre contre des monceaux de fadaises artistiques, poétiques, littéraires et autres. Ces mots qui ne désignent presque plus rien et ne sont plus que l'ombre de ce qu'ils furent avant que ne déferle le tsunami soulevé par quelques petits malins voraces et tenaces qui ont su flatter une profusion de "créateurs" en mal de reconnaissance.
Car ils sont des milliers à se croire appelés par la Gloire, à penser qu'un epub changera bientôt leur vie. Bien sûr, ils ne vous l'avoueront jamais, et prétendent qu'ils polluent le Web uniquement pour le plaisir d'agiter leur petits doigts agiles sur un clavier. Le problème, c'est que ces créatures ne se rendent pas compte qu'elles participent de la même manière à ce que furent les débuts du tourisme de masse, quand les agents de voyages ont senti que le bon peuple était prêt à s'envoyer en l'air sur la Costa Brava ou, un peu plus loin, sur la Costa del Sol, et qu'il passerait bientôt le Détroit pour des destinations encore plus exotiques. Trigano a fait fortune avec son Club Méditerranée.
Aussi, certains pensent qu'il est temps de se lancer dans le business des agences culturelles de masse en se spécialisant dans le domaine du tourisme textuel. Ils montent des entreprises qui vous permettront de vivre dans la peau d'un écrivain, d'un poète, d'un plasticien comme le touriste d'antan a pu se glisser dans la peau d'un Stanley ou d'un Livingstone. Le passeport sera un peu plus épais que celui d'un aventurier moderne, puisqu'il aura l'épaisseur d'un petit livre et contiendra tout ce que vous voudrez bien y mettre : des mots, des dessins, des photos, etc.. Tout ça, dans l'ordre qui vous plaira. En contrepartie, la modique somme d'argent, qui vous sera gentiment réclamée, servira à la publication de votre oeuvre au format epub, ainsi qu'à la rapide promotion de ce livre non-matérialisé sur le site de l'agence culturelle. Cette officine en ligne se chargera de tout ou presque. En effet, peu importe que votre syntaxe soit approximative, votre orthographe lacunaire, aucune correction ne sera pour autant envisagée. D'ailleurs, vos improbables lecteurs seront de toute façon bien plus indigents que vous sur ce plan et ne remarqueront rien. Mais, pour vous, n'en doutez pas, le but sera atteint, car vous accéderez alors au titre d'écrivain, poète, plasticien, photographe, en un mot : artiste ! Immaginez !!!
En tout cas, ne venez surtout pas vous plaindre, plus tard, si la nationale 7 du Web est surchargée, si de belles et authentiques pages culturelles sont défigurées à jamais, si les cantines de Palavas les Flux RSS sont toujours débordées, et, si chaque fois que vous mettez le nez sur la Toile, vous vous heurtez à des montagnes d'inepties qui menacent de s'écrouler sur vos cervelles ramollies...
Piloter sur cet immense marécage encombré de déchets, c'est prendre le risque de se retrouver prisonnier d'un amoncellement de merdes à la dérive. Pour éviter ce genre de déboires, il faut naviguer rapidement vers une destination connue, parmi celles inscrites dans nos bookmarks du temps où l'on pouvait encore se baguenauder sereinement sur le Net. Maintenant, quand on sort sur la Toile, on doit toujours pouvoir passer en force, donc penser à ne jamais trop réduire sa vitesse, garder à l'esprit la dangerosité des courants qui tentent de vous rabattre contre des monceaux de fadaises artistiques, poétiques, littéraires et autres. Ces mots qui ne désignent presque plus rien et ne sont plus que l'ombre de ce qu'ils furent avant que ne déferle le tsunami soulevé par quelques petits malins voraces et tenaces qui ont su flatter une profusion de "créateurs" en mal de reconnaissance.
Car ils sont des milliers à se croire appelés par la Gloire, à penser qu'un epub changera bientôt leur vie. Bien sûr, ils ne vous l'avoueront jamais, et prétendent qu'ils polluent le Web uniquement pour le plaisir d'agiter leur petits doigts agiles sur un clavier. Le problème, c'est que ces créatures ne se rendent pas compte qu'elles participent de la même manière à ce que furent les débuts du tourisme de masse, quand les agents de voyages ont senti que le bon peuple était prêt à s'envoyer en l'air sur la Costa Brava ou, un peu plus loin, sur la Costa del Sol, et qu'il passerait bientôt le Détroit pour des destinations encore plus exotiques. Trigano a fait fortune avec son Club Méditerranée.
Aussi, certains pensent qu'il est temps de se lancer dans le business des agences culturelles de masse en se spécialisant dans le domaine du tourisme textuel. Ils montent des entreprises qui vous permettront de vivre dans la peau d'un écrivain, d'un poète, d'un plasticien comme le touriste d'antan a pu se glisser dans la peau d'un Stanley ou d'un Livingstone. Le passeport sera un peu plus épais que celui d'un aventurier moderne, puisqu'il aura l'épaisseur d'un petit livre et contiendra tout ce que vous voudrez bien y mettre : des mots, des dessins, des photos, etc.. Tout ça, dans l'ordre qui vous plaira. En contrepartie, la modique somme d'argent, qui vous sera gentiment réclamée, servira à la publication de votre oeuvre au format epub, ainsi qu'à la rapide promotion de ce livre non-matérialisé sur le site de l'agence culturelle. Cette officine en ligne se chargera de tout ou presque. En effet, peu importe que votre syntaxe soit approximative, votre orthographe lacunaire, aucune correction ne sera pour autant envisagée. D'ailleurs, vos improbables lecteurs seront de toute façon bien plus indigents que vous sur ce plan et ne remarqueront rien. Mais, pour vous, n'en doutez pas, le but sera atteint, car vous accéderez alors au titre d'écrivain, poète, plasticien, photographe, en un mot : artiste ! Immaginez !!!
En tout cas, ne venez surtout pas vous plaindre, plus tard, si la nationale 7 du Web est surchargée, si de belles et authentiques pages culturelles sont défigurées à jamais, si les cantines de Palavas les Flux RSS sont toujours débordées, et, si chaque fois que vous mettez le nez sur la Toile, vous vous heurtez à des montagnes d'inepties qui menacent de s'écrouler sur vos cervelles ramollies...
28 April 2012
J'ai donc un peu mal de tête
Ce n'est pas vraiment le bon moment pour rédiger un nouveau billet : j'ai légèrement mal au crâne depuis ce matin, peut-être parce que le vent souffle plein d'humidité, en provenance de la Méditerranée. Le printemps n'a pas réussi à s’installer — le printemps de légende, celui qui fait chanter les petits oiseaux sur les branches verdoyantes des arbres gonflés de sève, se balançant dans la brise légère, sous un soleil radieux. La plupart des gens oublient que, particulièrement ici, dans ce maudit pays, le printemps est plutôt synonyme de pluie, et, qu'en réalité, cette saison se déploie généralement sous un ciel gris, nuageux, terne, avec des températures qui oscillent, dans la journée, autours des 20°C et rarement plus. Mais, c'est sans importance. Je ne suis pas du genre à me plaindre des conditions climatiques, surtout depuis que je ne quitte l'appartement qu'une fois tous les dix jours — jamais plus d'une heure — pour faire des courses indispensables, acheter suffisamment de cigarettes, histoire de vivre quelques jours l'esprit tranquille, en compagnie de mes animaux. J'ai donc un peu mal de tête, et je mets ça sur le compte de la situation atmosphérique, alors qu'il s'agit peut-être d'une surdose d'informations : j'ai laissé hier la radio branchée sur France-Info, un peu plus de dix minutes. En y réfléchissant, il me semble que l'origine de la douleur vient de ce moment d'égarement ; imprudemment, j'ai écouté blablater des journalistes et des politiciens, alors que j'y étais mal préparé. En effet, j'évite de subir ces rafales de sornettes depuis le début de l'année, depuis que la fameuse "campagne" a submergé les ondes radiophoniques. Ce qui fait que, complètement désaccoutumé, privé d'immunité face à ce type de discours, il est bien possible que ma cervelle si sensible, si délicate, si subtile, dorénavant à l'abri des pollutions médiatiques, soit un peu irritée suite à l'incident sonore de la veille. Ce qui est réconfortant, c'est de savoir que ce cirque va bientôt prendre fin, que le taux de scories politiques va sensiblement baisser avec les premiers jours de l'été, et que les ondes radio redeviendront dans quelques temps une source sonore assez inoffensive, en n'émettant ce type de conneries qu'au niveau habituel, régulièrement, sans les déferlantes actuelles. Vivement l'été ! Mais, l'été vient...
11 April 2012
Traverses
Le vendredi 6 avril, j'ai redessiné le template de SCH 2009, que j'ai rebaptisé Traverses. J'ai fait en sorte que le design de ce blog soit dans la continuité de mon site qui était en rade depuis pas mal de temps parce que je ne me donnais plus la peine d'encoder régulièrement de nouvelles pages pour le développer. Redessiner l'ensemble du site m'a demandé une bonne dizaine de jours. Un travail assez fastidieux qui n'est pas complètement fini, mais qui m'a permis d'élaguer tout ce qui ne me semblait pas nécessaire à son bon fonctionnement, telles que quelques enjolivures inutiles ou des pages qui m'ont parues sans intérêt. Traverses présente dorénavant un contenu assez pauvre en quantité, mais avec un avantage : on ne peut pas se perdre dans les méandres du site. J'ai voulu que les pages s'affichent à l'écran le plus rapidement possible, d'où une architecture minimaliste. La sobriété de la présentation ne me déplaît pas. Je suis assez content de mon travail, sachant que j'ai presque tout construit, sans emprunter grand chose aux développeurs professionnels. Il me reste encore à apporter quelques améliorations, à fournir du texte et de nouvelles images. Mais, rien ne presse. L'été viendra...
25 March 2012
Il est 11:45 AM
Il est 11:45 AM. Nous sommes passés, dans la nuit, au rythme des horaires d'été. Je suis furieux d'avoir à caler mon emploi du temps sur ces horaires à la con. Il va me falloir près de trois mois pour m'y faire, pour parvenir à ne pas trop y penser. Je me demande pourquoi, tous les matins, des millions de quadrupèdes humains se présentent volontairement à l’abattoir, sans broncher, avec une à deux heures d'avance sur le rythme solaire naturel. Je pense aux Hopi de l'Arizona qui refusent ce décalage horaire, en ne se pliant pas à la législation étatique, et je maudis la masse informe des citoyens apathiques, incapables de réagir face à cette stupide oppression. J'ai du mal à comprendre pourquoi les foules de travailleurs déjà écrasées sous le joug insupportable des contraintes horaires acceptent impassibles le passage à l'horaire d'été qui fera uniquement le bonheur des touristes imbéciles et, surtout, la joie de ceux qui tondent régulièrement la laine sur le dos de ces idiots. Civilisation de crétins !
22 March 2012
Inquiétante obscurité
Lundi dernier, à 05:14 AM UTC, l’hémisphère Nord de la planète Terre est entrée dans la période du printemps. Mais, à l'heure qu'il est, les Français n'en ont certainement pas encore pris conscience, ne se sont pas rendus compte que la durée du jour primait sur celle de la nuit, puisque, depuis le début de cette semaine, ils sont incroyablement obnubilés, fascinés par un fait divers qui occulte toute autre information et relègue aux oubliettes n'importe quel autre événement. Je suis sidéré par l'ampleur qu'à pu prendre ce phénomène produit par les médias, exploité jusqu'à la corde par les politiciens. J'ai du mal à réaliser que des millions d'individus puissent, si rapidement, se faire laver la cervelle, se laisser poser des oeillères et manipuler à ce point sur la base d'un fait divers aussi insignifiant. C'est ça qui me semble véritablement effrayant. Cette civilisation sur le déclin engendre des mouvements de foule, de profonds remous vraiment inquiétants.
13 December 2011
Remplissage
Je n'ai pas beaucoup de temps devant moi, j'ai un tas d'autres choses à faire, mais je ne résiste plus à l'envie de publier un post pour faire descendre, vers le bas de la page, le précédent billet qui me sort par les yeux à force de le voir s'afficher quand il m'arrive d'ouvrir ce blog. Je n'ai rien de particulier à dire. Je vais donc essayer de faire du remplissage avec ce qui me passe par la tête, dans l'immédiat.
J'ai l'impression que cette année l'activité des bloggers s'est encore amoindrie. Je parle d'impression, car je ne fréquente plus les cercles des bloggers francophones dont je suivais les publications, plus ou moins régulièrement, par le passé. Je ne suis pas allé chercher de statistiques qui confirmeraient ou non ce sentiment. Cette impression est fondée, en grande partie, sur le fait que j'ai coupé bon nombre de fils rss reliant des blogs, que j'avais sélectionnés pour FeedDemon, parce qu'ils ne sont plus alimentés régulièrement.
Il est bien possible que la campagne pour les élections présidentielles relance l'activité des bloggers qui se passionnent pour la politique, une passion, plus que toute autre, que j'ai du mal à comprendre. Si j'ai pu participer en ligne à quelques débats concernant certains faits de sociétés, il y a maintenant pas mal de temps que ce genre de choses ne m'intéresse plus. Progressivement, j'ai renoncé à la lecture des journaux, et je ne pense maintenant à allumer la radio qu'exceptionnellement, alors que ce geste était presque devenu un rituel matinal, une façon de reprendre mentalement contact avec la société des hommes. De plus, j'ai presque complètement délaissé mon compte Twitter sur lequel défilaient les messages de nombreux médias liés à l'information. Là encore, la séparation entre le monde de l'actualité et moi s'est creusée.
Si l'intérêt, que je portais à la marche du monde, s'est à ce point étiolé, c'est parce que la presse et la radio ne satisfont plus ma curiosité. J'ai l'impression que les événements rapportés par les journalistes n'en sont plus vraiment, mais que chaque "nouvelle" n'est qu'un avatar du passé, faisant retour avec quelques variantes : en lisant les articles de la catastrophe de Fukushima, je repensais à ceux sur Tchernobyl ; en suivant la révolution tunisienne, je revoyais des images de la contestation iranienne, deux ans auparavant ; il manquait dernièrement en Libye le piment et les meilleurs ingrédients qui avaient rendu digeste les informations sur la première guerre irakienne — la seconde fût bien moins intéressante ; la crise de l'euro me laisse complètement froid, aussi froid que la précédente crise des subprimes, sachant depuis longtemps à quel point l'économie relève plus de la boule de cristal ou du marre de café que d'une science quelconque ; quant aux prochaines élections présidentielles françaises, je crois inutile de mentionner ce que j'en pense, tellement cette affaire me parait insignifiante. La seule nouvelle, qui, cette année, a retenu mon attention pendant quelques jours, est, en réalité, un fait divers et les réactions qui ont entouré le scandale provoqué à sa suite : l'affaire DSK !
C'est sur cette affaire que SCH 2009 était resté bloqué, et c'est ce billet, celui que je m'apprête à publier, qui va enfin reléguer cette histoire aux oubliettes, ainsi probablement que l'année 2011, dont le seul grand événement — largement plus important, pour moi, que toutes les histoires à la con rapportées en un an par les médias — fût l'arrivée de Saki au 205, en plein milieu du mois d'août.
J'ai l'impression que cette année l'activité des bloggers s'est encore amoindrie. Je parle d'impression, car je ne fréquente plus les cercles des bloggers francophones dont je suivais les publications, plus ou moins régulièrement, par le passé. Je ne suis pas allé chercher de statistiques qui confirmeraient ou non ce sentiment. Cette impression est fondée, en grande partie, sur le fait que j'ai coupé bon nombre de fils rss reliant des blogs, que j'avais sélectionnés pour FeedDemon, parce qu'ils ne sont plus alimentés régulièrement.
Il est bien possible que la campagne pour les élections présidentielles relance l'activité des bloggers qui se passionnent pour la politique, une passion, plus que toute autre, que j'ai du mal à comprendre. Si j'ai pu participer en ligne à quelques débats concernant certains faits de sociétés, il y a maintenant pas mal de temps que ce genre de choses ne m'intéresse plus. Progressivement, j'ai renoncé à la lecture des journaux, et je ne pense maintenant à allumer la radio qu'exceptionnellement, alors que ce geste était presque devenu un rituel matinal, une façon de reprendre mentalement contact avec la société des hommes. De plus, j'ai presque complètement délaissé mon compte Twitter sur lequel défilaient les messages de nombreux médias liés à l'information. Là encore, la séparation entre le monde de l'actualité et moi s'est creusée.
Si l'intérêt, que je portais à la marche du monde, s'est à ce point étiolé, c'est parce que la presse et la radio ne satisfont plus ma curiosité. J'ai l'impression que les événements rapportés par les journalistes n'en sont plus vraiment, mais que chaque "nouvelle" n'est qu'un avatar du passé, faisant retour avec quelques variantes : en lisant les articles de la catastrophe de Fukushima, je repensais à ceux sur Tchernobyl ; en suivant la révolution tunisienne, je revoyais des images de la contestation iranienne, deux ans auparavant ; il manquait dernièrement en Libye le piment et les meilleurs ingrédients qui avaient rendu digeste les informations sur la première guerre irakienne — la seconde fût bien moins intéressante ; la crise de l'euro me laisse complètement froid, aussi froid que la précédente crise des subprimes, sachant depuis longtemps à quel point l'économie relève plus de la boule de cristal ou du marre de café que d'une science quelconque ; quant aux prochaines élections présidentielles françaises, je crois inutile de mentionner ce que j'en pense, tellement cette affaire me parait insignifiante. La seule nouvelle, qui, cette année, a retenu mon attention pendant quelques jours, est, en réalité, un fait divers et les réactions qui ont entouré le scandale provoqué à sa suite : l'affaire DSK !
C'est sur cette affaire que SCH 2009 était resté bloqué, et c'est ce billet, celui que je m'apprête à publier, qui va enfin reléguer cette histoire aux oubliettes, ainsi probablement que l'année 2011, dont le seul grand événement — largement plus important, pour moi, que toutes les histoires à la con rapportées en un an par les médias — fût l'arrivée de Saki au 205, en plein milieu du mois d'août.
02 July 2011
Je me prépare au pire
Hier, Pepe Le Perv, le plus célèbre des violeurs, en ce début de IIIème millénaire, a été "libéré sur parole". J'étais persuadé qu'il ne retournerait pas en prison, mais je ne pensais pas qu'il s'en sortirait si facilement. Bien sûr, le fait que le District Attorney Cyrus Vance Jr., soit complètement à la ramasse, et qu'il n'a donc pas dû être trop difficile d'exercer des pressions sur lui, sachant qu'il brigue un nouveau mandat, n'est certainement pas étranger à la libération du vieux libidineux. Évidemment, rien n'est définitivement joué dans cette affaire car, à ce stade, les accusations sont maintenues et la procédure suit son cours. Des interrogations sur les faits et la personnalité du pervers subsistent.
Mais, ce n'est pas simplement le fait que ce prédateur sexuel soit en liberté qui me pousse à réagir, c'est parce que j'ai pu lire que la majeure partie de la presse nationale et régionale française se félicite de savoir que ce type cours librement les rues, les restaurants et les lupanars new-yorkais. Si, je n'ai pas pris le temps de lire ce que les bloggers français en pensent, c'est parce que je sais par avance qu'ils sont dans le même état d'esprit que les vaillants journalistes, les faiseurs d'opinion de ce pays dont la population est majoritairement obsédée par l'argent, le pouvoir, la vinasse et le sexe. Je ne peux pas dire que l'affaire DSK révèle, en ce qui me concerne, quoi que ce soit sur l'ethos national, mais ça confirme, malheureusement, les représentations que je me suis faites, au fil des ans, au sujet du bon citoyen français, le démocrate parfait.
On me dit souvent que je vis en retrait, on me reproche - implicitement, la plupart du temps - de ne jamais participer aux activités et, encore moins, aux festivités du bon peuple français, on me tient pour un individu asocial, parfois marginal, mais peu de gens comprennent que je ne peux pas me laisser aller à la fréquentations de la majeure partie des habitants de ce pays sans réticences. Par ailleurs, plus d'une fois on m'a sorti la superbe tirade, celle que tout bon français connaît par coeur depuis son enfance : "Mais Monsieur, nous ne sommes pas du même monde !" Ceci avec l'air parfaitement indigné [cf. S. Hessel], comme savent si bien l'afficher ces quadrupèdes humains lorsqu'ils prononcent ce genre de formules magiques, en espérant vous écarter d'eux, le plus loin possible.
Et bien oui, et heureusement, connard ! Ça me ferait bien trop mal d’appartenir à ton monde de merde, à cette France moisie, rongée par la gangrène de l’hypocrisie, qui passe son temps à faire croire qu'elle prend la défense du faible, de l'opprimé, de la femme de chambre exilée et exploitée, mais qui célèbre sans vergogne le premier salopard qui leurs fait miroiter qu'en votant pour lui, puis en se soumettant à toutes ses volontés, il augmentera sensiblement l'épaisseur de leur misérable compte en banque ; que, grâce à lui, tous les foyers seront équipés d'un iPad ; et que les sexuels de tout poil pourront se donner autant de bon temps qu'il en a déjà pris dans les boites pour échangistes ou dans les chambres des Sofitel, aux quatre coins de la planète ; et, enfin, que ses intrépides électeurs au grand coeur pourront, à l'instar de son futur premier ministre humaniste, apporter du réconfort aux enfants du tier-monde en les initiant à la réflexologie plantaire, une méthode scientifique éprouvée, qui fait déjà le bonheur des petites secrétaires, même dans les régions les plus reculées de l'Hexagone.
Bref ! Mentalement, depuis que la campagne pour les présidentielles est lancée, je me prépare au pire. Je le dis, je le répète : je n'ai jamais voté, ni même pensé le faire une seule fois dans ma vie. Et, ce n'est sûrement pas en 2012 que je donnerai ma voix à qui que ce soit. Aucun des bâtards en lice pour la course au couronnement de la plus belle Ordure nationale ne pourra compter sur ma participation. Demain, encore moins qu'hier !
Mais, ce n'est pas simplement le fait que ce prédateur sexuel soit en liberté qui me pousse à réagir, c'est parce que j'ai pu lire que la majeure partie de la presse nationale et régionale française se félicite de savoir que ce type cours librement les rues, les restaurants et les lupanars new-yorkais. Si, je n'ai pas pris le temps de lire ce que les bloggers français en pensent, c'est parce que je sais par avance qu'ils sont dans le même état d'esprit que les vaillants journalistes, les faiseurs d'opinion de ce pays dont la population est majoritairement obsédée par l'argent, le pouvoir, la vinasse et le sexe. Je ne peux pas dire que l'affaire DSK révèle, en ce qui me concerne, quoi que ce soit sur l'ethos national, mais ça confirme, malheureusement, les représentations que je me suis faites, au fil des ans, au sujet du bon citoyen français, le démocrate parfait.
On me dit souvent que je vis en retrait, on me reproche - implicitement, la plupart du temps - de ne jamais participer aux activités et, encore moins, aux festivités du bon peuple français, on me tient pour un individu asocial, parfois marginal, mais peu de gens comprennent que je ne peux pas me laisser aller à la fréquentations de la majeure partie des habitants de ce pays sans réticences. Par ailleurs, plus d'une fois on m'a sorti la superbe tirade, celle que tout bon français connaît par coeur depuis son enfance : "Mais Monsieur, nous ne sommes pas du même monde !" Ceci avec l'air parfaitement indigné [cf. S. Hessel], comme savent si bien l'afficher ces quadrupèdes humains lorsqu'ils prononcent ce genre de formules magiques, en espérant vous écarter d'eux, le plus loin possible.
Et bien oui, et heureusement, connard ! Ça me ferait bien trop mal d’appartenir à ton monde de merde, à cette France moisie, rongée par la gangrène de l’hypocrisie, qui passe son temps à faire croire qu'elle prend la défense du faible, de l'opprimé, de la femme de chambre exilée et exploitée, mais qui célèbre sans vergogne le premier salopard qui leurs fait miroiter qu'en votant pour lui, puis en se soumettant à toutes ses volontés, il augmentera sensiblement l'épaisseur de leur misérable compte en banque ; que, grâce à lui, tous les foyers seront équipés d'un iPad ; et que les sexuels de tout poil pourront se donner autant de bon temps qu'il en a déjà pris dans les boites pour échangistes ou dans les chambres des Sofitel, aux quatre coins de la planète ; et, enfin, que ses intrépides électeurs au grand coeur pourront, à l'instar de son futur premier ministre humaniste, apporter du réconfort aux enfants du tier-monde en les initiant à la réflexologie plantaire, une méthode scientifique éprouvée, qui fait déjà le bonheur des petites secrétaires, même dans les régions les plus reculées de l'Hexagone.
Bref ! Mentalement, depuis que la campagne pour les présidentielles est lancée, je me prépare au pire. Je le dis, je le répète : je n'ai jamais voté, ni même pensé le faire une seule fois dans ma vie. Et, ce n'est sûrement pas en 2012 que je donnerai ma voix à qui que ce soit. Aucun des bâtards en lice pour la course au couronnement de la plus belle Ordure nationale ne pourra compter sur ma participation. Demain, encore moins qu'hier !
30 June 2011
Télévision
Je n'ai jamais vraiment aimé la télévision, peut-être parce que j'étais déjà adulte lorsque j'ai réellement eu affaire à ce type de média. C'est en m'installant en France, à l'âge de 23 ans, que, pour la première fois, un téléviseur est venu meubler mon appartement. C'était un appareil portatif, écran noir & blanc, sans télécommande, un Hitachi, si mes souvenirs sont bons. Je crois qu'en dehors des films, ce sont surtout les reportages, documentaires et débats sur des sujets de société qui m'intéressaient le plus ; du moins, dans une première période, le temps de me rendre compte que tout ça manquait franchement d'objectivité et ne collait que très vaguement à l'idée que je me faisais du monde, de la société, quand ça ne contredisait pas totalement mes propres expériences ou celles qui m'avaient été rapportées par des informateurs n'ayant aucun intérêt à falsifier le récit de situations vécues, des personnes non susceptibles de souffrir d'un syndrome mythomaniaque.
A l'évidence, au cours des reportages, documentaires et interventions, lors des débats sur les plateaux TV, la plupart des discours sonnaient faux et révélaient non pas une réalité possible, mais les fantasmes des producteurs des discours en question qui n'hésitaient pas à tordre les maigres faits recueillis au cours de leurs pâles investigations pour les faire entrer dans une perspective correspondante à leurs a priori, formulant de pauvres thèses faites d'idées reçues, de lieux communs et de stéréotypes qui ne pouvaient en aucun cas favoriser l'amorce d'une réflexion sur les objets qu'ils avaient la prétention de dévoiler et d'analyser. En réalité, ces journalistes, spécialistes et experts auto-proclamés ne travaillaient que dans un seul but : la fabrication de semi-fictions aux effets spectaculaires précédées d'une fausse promesse disant qu'ils donneraient à voir des choses exceptionnelles, extraordinaires, inimaginables, prodigieuses, sensationnelles, un tas de choses qui subjugueraient le téléspectateur. Dans l'esprit de ces professionnels, la réaction à distance du public fasciné par le son et l'image devait, au final, se traduire par des exclamations telles que : incroyable, pas-possible, lamentable, fantastique, c'est-pas-vrai, dégueulasse, salops-de-riches, merveilleux, putains-de-pauvres, révoltant, ou le désormais célèbre : je-suis-indigné !
Au bout de quelques mois, face à ce cirque, mon engouement pour ce genre d'émissions se dissolvait comme une goutte de sirop d'orgeat dans un verre d'eau pure. Il était alors devenu indéniable pour moi que ces reportages, documentaires et débats, souvent caricaturaux, n'étaient produits que dans le but d'orienter, dans un sens ou un autre, l'opinion du téléspectateur en jouant principalement sur ses affects. Se soumettre volontairement et passivement à la propagande idéologique d'une poignée de journalistes épaulés par un bataillon d'experts en tous genres était quelque chose d'inconcevable. De plus, une fois dévoilés les mécanismes grossiers de la machine à manipuler les esprits, ce carrousel médiatique n'offrait qu'un pitoyable spectacle qui ne se renouvelait jamais, avec une dizaine de thèmes repris en boucle selon les saisons ou l'humeur des rédacteurs-producteurs : violence, chômage, immigration, sexe, éducation, drogue, alimentation, port-ostensible-de-signes-religieux et, surtout, le fameux est-ce-que-cela-peut-nous-arriver-en-france-?.
Une cervelle dotée d'une once d'intelligence comprend rapidement qu'un téléviseur est un objet totalement inutile, sinon néfaste pour l'équilibre mental, sans même prendre en compte les dangers de l'incessant matraquage publicitaire. Je ne parle pas du sport car, dans ce domaine qui me semble encore plus désastreux pour l'intellect que la pub ; je crois n'avoir vu qu'une finale de tennis à Roland Garros, dont l'un des protagonistes était un Tchécoslovaque qui se nommait Yvan Landle - je ne me souviens pas de son adversaire.
Mais comme je n'ai pas toujours vécu seul, un poste TV a souvent encombré mon espace environnemental. Quand ARTE-TV a fait son apparition sur le réseau hertzien, j'ai fait l'achat d'un magnétoscope car cette chaîne diffusait de nombreux et bons films en V.O.. Je ne regardais que très peu de films en direct dans la nuit - un puissant soporifique pour BBL - mais je me faisais un plaisir de les visionner le matin, après avoir avalé une bonne dose de café. Et puis ARTE a cessé de diffuser directement ses films en V.O.. Il m'aurait fallu un téléviseur plus sophistiqué que le vieux Sony 30 pouces pour capter la version originale de la bande sonore des films. Alors que le DVD faisait son apparition et qu'un écran d'ordinateur était un bien meilleur vecteur de diffusion d'images qu'un écran TV, je renonçais irrévocablement à la contemplation de ce dernier.
Pendant quelques années encore, BBL s'affalait de temps à autres sur le canapé, face à la TV, sans jamais parvenir à me convaincre de suivre un programme en sa compagnie. Jusqu'au jour où, il y a environ deux ans, le vieux Sony - écran couleur Trinitron plat 30 pouces, portatif, télécommandé, remplaçant du Hitachi portatif, écran noir & blanc neigeux bombé 30 pouces, sans télécommande - est tombé définitivement en panne.
Je n'éprouve pas la moindre nostalgie pour ces appareils et encore moins pour les spectacles diffusés sur leur écran. Si je me suis longuement épanché sur ce thème, c'est je voulais seulement remplir une page afin de la publier sur ce blog qui souffre cruellement d'une très mauvaise et irrégulière alimentation. J'espère que les 4422 caractères qui précèdent lui tiendront au ventre jusqu'à la prochaine édition.
Ceci dit, si la télévision représente pour vous autre chose que ce qu'elle représentait pour moi, n'hésitez pas à me le faire savoir, je serais ravi de pouvoir en discuter. Je peux parler de tout et de n'importe quoi. Je suis expert en discussions. Je le suis devenu, il y a longtemps maintenant, en écoutant et en prenant exemple sur les intervenants conviés aux hallucinants débats produits par les cinq premières chaînes de la télévision nationale française.
A l'évidence, au cours des reportages, documentaires et interventions, lors des débats sur les plateaux TV, la plupart des discours sonnaient faux et révélaient non pas une réalité possible, mais les fantasmes des producteurs des discours en question qui n'hésitaient pas à tordre les maigres faits recueillis au cours de leurs pâles investigations pour les faire entrer dans une perspective correspondante à leurs a priori, formulant de pauvres thèses faites d'idées reçues, de lieux communs et de stéréotypes qui ne pouvaient en aucun cas favoriser l'amorce d'une réflexion sur les objets qu'ils avaient la prétention de dévoiler et d'analyser. En réalité, ces journalistes, spécialistes et experts auto-proclamés ne travaillaient que dans un seul but : la fabrication de semi-fictions aux effets spectaculaires précédées d'une fausse promesse disant qu'ils donneraient à voir des choses exceptionnelles, extraordinaires, inimaginables, prodigieuses, sensationnelles, un tas de choses qui subjugueraient le téléspectateur. Dans l'esprit de ces professionnels, la réaction à distance du public fasciné par le son et l'image devait, au final, se traduire par des exclamations telles que : incroyable, pas-possible, lamentable, fantastique, c'est-pas-vrai, dégueulasse, salops-de-riches, merveilleux, putains-de-pauvres, révoltant, ou le désormais célèbre : je-suis-indigné !
Au bout de quelques mois, face à ce cirque, mon engouement pour ce genre d'émissions se dissolvait comme une goutte de sirop d'orgeat dans un verre d'eau pure. Il était alors devenu indéniable pour moi que ces reportages, documentaires et débats, souvent caricaturaux, n'étaient produits que dans le but d'orienter, dans un sens ou un autre, l'opinion du téléspectateur en jouant principalement sur ses affects. Se soumettre volontairement et passivement à la propagande idéologique d'une poignée de journalistes épaulés par un bataillon d'experts en tous genres était quelque chose d'inconcevable. De plus, une fois dévoilés les mécanismes grossiers de la machine à manipuler les esprits, ce carrousel médiatique n'offrait qu'un pitoyable spectacle qui ne se renouvelait jamais, avec une dizaine de thèmes repris en boucle selon les saisons ou l'humeur des rédacteurs-producteurs : violence, chômage, immigration, sexe, éducation, drogue, alimentation, port-ostensible-de-signes-religieux et, surtout, le fameux est-ce-que-cela-peut-nous-arriver-en-france-?.
Une cervelle dotée d'une once d'intelligence comprend rapidement qu'un téléviseur est un objet totalement inutile, sinon néfaste pour l'équilibre mental, sans même prendre en compte les dangers de l'incessant matraquage publicitaire. Je ne parle pas du sport car, dans ce domaine qui me semble encore plus désastreux pour l'intellect que la pub ; je crois n'avoir vu qu'une finale de tennis à Roland Garros, dont l'un des protagonistes était un Tchécoslovaque qui se nommait Yvan Landle - je ne me souviens pas de son adversaire.
Mais comme je n'ai pas toujours vécu seul, un poste TV a souvent encombré mon espace environnemental. Quand ARTE-TV a fait son apparition sur le réseau hertzien, j'ai fait l'achat d'un magnétoscope car cette chaîne diffusait de nombreux et bons films en V.O.. Je ne regardais que très peu de films en direct dans la nuit - un puissant soporifique pour BBL - mais je me faisais un plaisir de les visionner le matin, après avoir avalé une bonne dose de café. Et puis ARTE a cessé de diffuser directement ses films en V.O.. Il m'aurait fallu un téléviseur plus sophistiqué que le vieux Sony 30 pouces pour capter la version originale de la bande sonore des films. Alors que le DVD faisait son apparition et qu'un écran d'ordinateur était un bien meilleur vecteur de diffusion d'images qu'un écran TV, je renonçais irrévocablement à la contemplation de ce dernier.
Pendant quelques années encore, BBL s'affalait de temps à autres sur le canapé, face à la TV, sans jamais parvenir à me convaincre de suivre un programme en sa compagnie. Jusqu'au jour où, il y a environ deux ans, le vieux Sony - écran couleur Trinitron plat 30 pouces, portatif, télécommandé, remplaçant du Hitachi portatif, écran noir & blanc neigeux bombé 30 pouces, sans télécommande - est tombé définitivement en panne.
Je n'éprouve pas la moindre nostalgie pour ces appareils et encore moins pour les spectacles diffusés sur leur écran. Si je me suis longuement épanché sur ce thème, c'est je voulais seulement remplir une page afin de la publier sur ce blog qui souffre cruellement d'une très mauvaise et irrégulière alimentation. J'espère que les 4422 caractères qui précèdent lui tiendront au ventre jusqu'à la prochaine édition.
Ceci dit, si la télévision représente pour vous autre chose que ce qu'elle représentait pour moi, n'hésitez pas à me le faire savoir, je serais ravi de pouvoir en discuter. Je peux parler de tout et de n'importe quoi. Je suis expert en discussions. Je le suis devenu, il y a longtemps maintenant, en écoutant et en prenant exemple sur les intervenants conviés aux hallucinants débats produits par les cinq premières chaînes de la télévision nationale française.
16 May 2011
Vacciné !
Depuis dimanche matin, j'ai passé tellement de temps à lire les salades que les internautes français laissent en guise de commentaires sur les journaux en ligne que je n'ai pas pris une minute pour alimenter l'un ou l'autre des mes blogs. Je dois reconnaître que le viol commis par le directeur du FMI a de quoi alimenter tous les fantasmes. Aussi, les internautes s'en sont donnés à coeur joie. Certains articles de la presse nationale sont suivis de plus de 5OO commentaires. Bien entendu, je n'ai pas pris la peine de tous les lire. D'autant plus que la plupart ne répètent, qu'avec très peu de variantes, ce qu'on a déjà lu des dizaines de fois sous un précédent article traitant du même sujet. Ce qui m'a le plus frappé, c'est de voir à quel point le citoyen hexagonal est doté d'un imaginaire formaté par les programmes TV. Tout événement, relaté par les médias, n'est compris qu'au travers du filtre télévisuel, la série policière, dans ce cas, faisant office de monde référentiel. Tout internaute qui se respecte se doit d'endosser le rôle de l'inspecteur en chef. Les délires vont bon train. C'est une accumulation de stupidités affligeantes. Pourtant, j'ai lu des commentaires jusqu'à en avoir la nausée. Je pense ainsi m'être vacciné, pour pas mal de temps, contre le virus de la bêtise qui se répand sur la toile, telle une épidémie de choléra, dès qu'une information de ce genre apparaît dans les médias. Je vais pouvoir me remettre à blogguer avec l'assurance d'être parfaitement immunisé lors de la prochaine attaque virale déclenchée par la future information fracassante, "le coup de tonnerre" [Aubry] qui nous apprendra, par exemple, que le violeur DSK s'est fait sexuellement agressé, alors qu'il ramassait la savonnette dans les douches de sa prison.
A bientôt !
A bientôt !
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