Selon la critique toujours aussi fumeuse de Pierre Assouline, « le miniaturiste en Echenoz n’a pas son pareil pour dire en passant "le ronflement rauque du couteau à pain sur la croûte" suivi du "tintement de petites cuillers dans les effluves de chicorée" ». Deux phrases qui d'emblée me dissuadent de lire un type comme Echenoz, alors qu'elles sont censées m'y encourager. Je demande ce qui pousse les lecteurs à parcourir actuellement, c'est-à-dire depuis un demi-siècle, les textes des auteurs de fiction français, ce qu'ils y cherchent et ce qu'ils y trouvent. De Tournier à Djian — ou qui vous voudrez à la place de Djian —, en passant par Le Clésio, chaque fois que j'ai essayé d'entrer dans l'univers de l'un de ces écrivains — appelons-les ainsi —, j'ai rapidement reculé pour refermer solidement la porte : les vingt ou trente premières pages, dans lesquelles je m'étais engagé, me hurlaient de fuir, de ne pas perdre mon temps.
Quand je pense que certains éditeurs — appelons-les comme çà — tentent de me vendre des textes illisibles, qui n'arrivent même pas à passer les barrières, pourtant très peu élevées, des grandes maisons d'éditions françaises, en qualifiant ces ramassis de mots — souvent mal orthographiés —, de "littératures d'avant-garde", je me demande s'il me faut rire ou pleurer. Je me demande surtout comment ces textes sous forme de .pdf ou de .epub trouvent des lecteurs, sachant que j'ai déjà pas mal de mal à comprendre qu'il puisse y avoir de gens pour acheter et lire Tournier, Echenoz, Djian et compagnie...
J'ai parlé de ça à mes animaux. Je leur ai demandé ce qu'ils en pensaient. Ils n'ont pas mis longtemps à délibérer : « Ne te casse pas la tête, la cause est évidente : ces lecteurs sont bêtes, tout simplement bêtes et incultes, bien qu'ils prétendent le contraire. Ils ont surtout beaucoup trop de temps à perdre. Et la littérature — employons cette dénomination — française actuelle est le meilleur moyen de perdre son temps, avec un rapport vacuité / prix inégalable pour les textes "non-matérialisés", fabriqués et vendus par une flopée d'imposteurs quasi illettrés, déguisés en écrivains d'avant-garde et poussés sur le devant de la scène Web par de petits techniciens déclassés du monde industriel, mais néanmoins malins, avides d'argent facile. »
09 October 2012
19 September 2012
Festivus est déprimé
L'équinoxe d'automne aura lieu dans trois jours, mais on sent bien que l'été est déjà fini. Depuis plus d'une semaine, les températures maximum ne passent pas la barre des 25°C. Hier, le ciel est resté gris presque toute la journée. Aujourd'hui, le vent frais soufflant du nord n'a pas chassé tous les nuages qui, furtivement, voilent assez souvent le soleil. Je ne regretterai pas cet été moribond, avec son atmosphère trop fréquemment chargée d'humidité faisant de cette saison une période désagréable à vivre. De toute façon, mes animaux et moi, nous sommes contents de voir venir l'automne parce que c'est la saison que nous préférons.
A cette époque, l'homo festivus est généralement déprimé, car il doit reprendre un travail qu'il déteste et sait qu'il va avoir des difficultés répétées pendant onze mois. Comme il n'a pas beaucoup le moral, il a tendance à la mettre un peu en veilleuse, d'autant plus qu'il faudra qu'il tienne le coup jusqu'aux premiers congés, c'est à dire jusqu'en novembre. Le beau bronzage, récolté en même temps que les mycoses sur les plages de la région, a déjà disparu — restent les mycoses —, ce qui accentue la mine maladive et l'impression que ce malheureux travailleur connaît toutes les peines du monde à reprendre le chemin de son existence routinière. Il a dansé tout l'été, le voici en train de claudiquer. D'ailleurs, les médias, à la solde des puissants — c'est bien connu, mais rarement admis —, font tout pour lui faire voir l'avenir sous le jour le plus sombre, histoire de calmer même les plus festivus de son espèce.
Alors, quand je délaisse un moment mes animaux pour aller au ravitaillement, je croise sur mon trajet, dans les rues et les supermarchés, des ombres blafardes* presque silencieuses, de tristes individus faciles à ignorer, accentuant ainsi la merveilleuse illusion d'être presque seul au monde, le dernier des hommes, des vrais, des sapiens.
Vive la fin de l'été, vive la rentrée, vive le début de l'automne, vive l'augmentation du pétrole et du gaz, et même des cigarettes ! Vive la crise !
* Notez l'oxymore, fait pour hausser d'un cran la valeur poétique du texte
A cette époque, l'homo festivus est généralement déprimé, car il doit reprendre un travail qu'il déteste et sait qu'il va avoir des difficultés répétées pendant onze mois. Comme il n'a pas beaucoup le moral, il a tendance à la mettre un peu en veilleuse, d'autant plus qu'il faudra qu'il tienne le coup jusqu'aux premiers congés, c'est à dire jusqu'en novembre. Le beau bronzage, récolté en même temps que les mycoses sur les plages de la région, a déjà disparu — restent les mycoses —, ce qui accentue la mine maladive et l'impression que ce malheureux travailleur connaît toutes les peines du monde à reprendre le chemin de son existence routinière. Il a dansé tout l'été, le voici en train de claudiquer. D'ailleurs, les médias, à la solde des puissants — c'est bien connu, mais rarement admis —, font tout pour lui faire voir l'avenir sous le jour le plus sombre, histoire de calmer même les plus festivus de son espèce.
Alors, quand je délaisse un moment mes animaux pour aller au ravitaillement, je croise sur mon trajet, dans les rues et les supermarchés, des ombres blafardes* presque silencieuses, de tristes individus faciles à ignorer, accentuant ainsi la merveilleuse illusion d'être presque seul au monde, le dernier des hommes, des vrais, des sapiens.
Vive la fin de l'été, vive la rentrée, vive le début de l'automne, vive l'augmentation du pétrole et du gaz, et même des cigarettes ! Vive la crise !
* Notez l'oxymore, fait pour hausser d'un cran la valeur poétique du texte
01 July 2012
Touriste versus sportif ou artiste
Temperature: 18.1°C | Humidity: 94% | Pressure: 1018hPa (Falling) | Conditions: Light Rain | Wind Direction: NNW | Wind Speed: 8.0km/h Je viens de copier le bulletin météo sur Weather Underground. On a un peu de mal à croire qu'il s'agit d'un relevé fait un 1er juillet. Je ne me plains pas parce que, lorsqu'il fait chaud, ici, à Montmerdier, on a l'impression de vivre sous les tropiques. Dans cette maudite région, il ne fait que très rarement chaud et sec, en été. Généralement, quand les températures passent la barre des 30°C, le taux d'hygrométrie est au dessus de 60 %. C'est très désagréable.
Quand je pense qu'il y a des gens qui sont prêts à rester coincés des heures durant dans une bétaillère volante pour atteindre des endroits où ils vont transpirer à grosses gouttes toute la journée et même toute la nuit, s'ils ne se sont pas réfugiés dans une chambre climatisée, et que ces gens-là payent pour ça... Pire : quand je pense qu'ils osent raconter à leur retour qu'ils ont vécu, le temps de leurs vacances, dans un lieu paradisiaque... Je me dis que les propagandistes au service de l'Industrie du Tourisme sont vraiment des cadors !
Quant aux touristes, n'en parlons pas. Sur l'échelle des imbéciles, je suis parfois tenté de les classer sur un niveau inférieur à celui des sportifs qui représentent pourtant le bas du tableau. Un premier échelon que ces derniers se disputent avec les acteurs, les musiciens, les photographes, les écrivains, globalement les "artistes". C'est à dire tous les bas-de-plafonds que les médias audio-visuels français drainent vers leurs studios, exhibent sur des plateaux. Car, les touristes font de gros efforts pour paraître encore plus cons que ces deux catégories de crétins.
La seule différence, c'est que les touristes ne sont pas des professionnels et qu'ils ne peuvent pas se permettre d'être aussi cons toute l'année : ce ne sont que des intermittents de la connerie. Alors que les sportifs et les "artistes" ont fait de la pure bêtise un métier.
Je me demande si ces crétins professionnels sont moins cons lorsqu'ils sont en vacances, s'il leur arrive de prendre un peu de repos. Mais je crains que non. On le sait : quand les sportifs et "artistes" ne travaillent pas, la première chose qu'ils font, c'est pendre un avion pour partir sous les tropiques et jouer aux touristes... Putain de civilisation !
Quand je pense qu'il y a des gens qui sont prêts à rester coincés des heures durant dans une bétaillère volante pour atteindre des endroits où ils vont transpirer à grosses gouttes toute la journée et même toute la nuit, s'ils ne se sont pas réfugiés dans une chambre climatisée, et que ces gens-là payent pour ça... Pire : quand je pense qu'ils osent raconter à leur retour qu'ils ont vécu, le temps de leurs vacances, dans un lieu paradisiaque... Je me dis que les propagandistes au service de l'Industrie du Tourisme sont vraiment des cadors !
Quant aux touristes, n'en parlons pas. Sur l'échelle des imbéciles, je suis parfois tenté de les classer sur un niveau inférieur à celui des sportifs qui représentent pourtant le bas du tableau. Un premier échelon que ces derniers se disputent avec les acteurs, les musiciens, les photographes, les écrivains, globalement les "artistes". C'est à dire tous les bas-de-plafonds que les médias audio-visuels français drainent vers leurs studios, exhibent sur des plateaux. Car, les touristes font de gros efforts pour paraître encore plus cons que ces deux catégories de crétins.
La seule différence, c'est que les touristes ne sont pas des professionnels et qu'ils ne peuvent pas se permettre d'être aussi cons toute l'année : ce ne sont que des intermittents de la connerie. Alors que les sportifs et les "artistes" ont fait de la pure bêtise un métier.
Je me demande si ces crétins professionnels sont moins cons lorsqu'ils sont en vacances, s'il leur arrive de prendre un peu de repos. Mais je crains que non. On le sait : quand les sportifs et "artistes" ne travaillent pas, la première chose qu'ils font, c'est pendre un avion pour partir sous les tropiques et jouer aux touristes... Putain de civilisation !
18 June 2012
Soumission volontaire aux chaînes
C'est en lisant la news letter du quotidien suisse, Le Temps, que j'ai appris les résultats du second tour des élections législatives qui s'est déroulé hier : "Le Parti socialiste remporte la majorité absolue, mais l’échec de Ségolène Royal à La Rochelle ternit la victoire aux élections législatives. Marine Le Pen rate son entrée à l’Assemblée nationale, mais sa nièce et l’avocat Gilbert Collard entrent, eux, au parlement".
Je n'avais pas branché la radio depuis samedi matin. Et, il m'arrive de moins en moins souvent de lire la presse en ligne. Je ne pense plus à ouvrir mes comptes Twitter — il me faut être complètement désœuvré, en panne d'idées récréatives, pour être incité à le faire. Et quand ça m'arrive, je quitte généralement les pages de Twitter au bout de cinq minutes, tellement l'insignifiance des messages m'accable. Dire que j'ai passé des heures face à l'écran de mon PC, fasciné par les flux de ce réseau social... En y repensant, je me demande ce que je pouvais trouver d'attrayant dans cet infâme marécage.
Si j'ouvre encore Google Plus assez régulièrement — une ou deux fois par jour —, c'est pour me tenir au courant de ce que peuvent annoncer en ligne deux ou trois de mes contacts les plus proches. Autant dire, pour résumer, que la façon dont tourne le monde, et particulièrement le monde virtualisé, m'est de plus en plus indifférente.
Dans le domaine des réseaux sociaux, seul Pinterest trouve encore grâce à mes yeux, bien que progressivement le temps que je passe quotidiennement à construire une collection d'images se fait de plus en plus bref. Pour le moment, je ne suis pas sur le point d'abandonner ce réseau : j'y trouve encore des choses qui animent la curiosité qui me porte vers la découverte en ligne des arts plastiques. Par son fonctionnement, Pinterest me procure aussi le plaisir de contempler en photos une foule de beaux animaux — "beaux animaux" est un pléonasme, les animaux sont toujours beaux, seuls les quadrupèdes humains sont laids, et très exceptionnellement beaux.
Je m'égare un peu, mais pas tant que ça, puisque, si je me préserve des informations qui passionnent mes contemporains — la politique, le sport, l'économie, les divertissements, les produits de consommations, le travail, le sexe, les maladies, le tourisme, etc. —, en ne prêtant plus attention aux pseudos évènements dont ils sont abreuvés jusqu'à l'ivresse, on comprendra que c'est parce que je classifie tout ce qui apparaît indispensable à leur triste existence comme absolument inutile, et que je me contente, au contraire, de ce qui leur semble totalement futile, tel que le plaisir de discuter longuement avec mes animaux. Mes animaux m'en apprennent bien plus sur le monde que toutes les chaînes d'informations réunies.
Une mouche m'est dix fois plus précieuse qu'un connard comme ce Thierry Roland que la France entière vient de pleurer à chaudes larmes. C'est d'ailleurs pour éviter d'entendre les monstrueuses jérémiades qui, dès l'annonce de la mort de l'idole nationale du jour, commençaient à parasiter les ondes que je n'ai pas remis la radio au cours de ce week-end. Putain de civilisation !
Je n'avais pas branché la radio depuis samedi matin. Et, il m'arrive de moins en moins souvent de lire la presse en ligne. Je ne pense plus à ouvrir mes comptes Twitter — il me faut être complètement désœuvré, en panne d'idées récréatives, pour être incité à le faire. Et quand ça m'arrive, je quitte généralement les pages de Twitter au bout de cinq minutes, tellement l'insignifiance des messages m'accable. Dire que j'ai passé des heures face à l'écran de mon PC, fasciné par les flux de ce réseau social... En y repensant, je me demande ce que je pouvais trouver d'attrayant dans cet infâme marécage.
Si j'ouvre encore Google Plus assez régulièrement — une ou deux fois par jour —, c'est pour me tenir au courant de ce que peuvent annoncer en ligne deux ou trois de mes contacts les plus proches. Autant dire, pour résumer, que la façon dont tourne le monde, et particulièrement le monde virtualisé, m'est de plus en plus indifférente.
Dans le domaine des réseaux sociaux, seul Pinterest trouve encore grâce à mes yeux, bien que progressivement le temps que je passe quotidiennement à construire une collection d'images se fait de plus en plus bref. Pour le moment, je ne suis pas sur le point d'abandonner ce réseau : j'y trouve encore des choses qui animent la curiosité qui me porte vers la découverte en ligne des arts plastiques. Par son fonctionnement, Pinterest me procure aussi le plaisir de contempler en photos une foule de beaux animaux — "beaux animaux" est un pléonasme, les animaux sont toujours beaux, seuls les quadrupèdes humains sont laids, et très exceptionnellement beaux.
Je m'égare un peu, mais pas tant que ça, puisque, si je me préserve des informations qui passionnent mes contemporains — la politique, le sport, l'économie, les divertissements, les produits de consommations, le travail, le sexe, les maladies, le tourisme, etc. —, en ne prêtant plus attention aux pseudos évènements dont ils sont abreuvés jusqu'à l'ivresse, on comprendra que c'est parce que je classifie tout ce qui apparaît indispensable à leur triste existence comme absolument inutile, et que je me contente, au contraire, de ce qui leur semble totalement futile, tel que le plaisir de discuter longuement avec mes animaux. Mes animaux m'en apprennent bien plus sur le monde que toutes les chaînes d'informations réunies.
Une mouche m'est dix fois plus précieuse qu'un connard comme ce Thierry Roland que la France entière vient de pleurer à chaudes larmes. C'est d'ailleurs pour éviter d'entendre les monstrueuses jérémiades qui, dès l'annonce de la mort de l'idole nationale du jour, commençaient à parasiter les ondes que je n'ai pas remis la radio au cours de ce week-end. Putain de civilisation !
15 May 2012
Le Bon Filon
Les jours passent et seul le volume d'images épinglées sur Pinterest m'indique que quelque chose sur le Web éveille encore pour moi un peu d'intérêt, que tout n'est pas complètement détérioré, que quelques terres vierges méritent d'êtres explorées. Perçue sous l'angle des réseaux sociaux, la Toile me paraît presque désagrégée, atomisée, car plus rien ne fait sens. Il me semble que tout a croulé sous le poids de la masse, suite à une trop grande accumulation de données triviales et totalement insignifiantes. J'ai l'impression, face à l'écran, de me perdre dans un univers extrêmement bruyant, un vacarme d'où il est de plus en plus difficile d'extraire un signal porteur d'intelligence. Si, sur Google Plus, la somme de mes cercles totalisaient 3694 profiles au début du mois, je n'en compte plus que 766 aujourd'hui. Je devrai encore réduire ce chiffre à 10 profiles environ pour refléter réellement l'activité des internautes qui postent, plus ou moins régulièrement, quelques informations passablement intéressantes. Bref, c'est le bordel !
Piloter sur cet immense marécage encombré de déchets, c'est prendre le risque de se retrouver prisonnier d'un amoncellement de merdes à la dérive. Pour éviter ce genre de déboires, il faut naviguer rapidement vers une destination connue, parmi celles inscrites dans nos bookmarks du temps où l'on pouvait encore se baguenauder sereinement sur le Net. Maintenant, quand on sort sur la Toile, on doit toujours pouvoir passer en force, donc penser à ne jamais trop réduire sa vitesse, garder à l'esprit la dangerosité des courants qui tentent de vous rabattre contre des monceaux de fadaises artistiques, poétiques, littéraires et autres. Ces mots qui ne désignent presque plus rien et ne sont plus que l'ombre de ce qu'ils furent avant que ne déferle le tsunami soulevé par quelques petits malins voraces et tenaces qui ont su flatter une profusion de "créateurs" en mal de reconnaissance.
Car ils sont des milliers à se croire appelés par la Gloire, à penser qu'un epub changera bientôt leur vie. Bien sûr, ils ne vous l'avoueront jamais, et prétendent qu'ils polluent le Web uniquement pour le plaisir d'agiter leur petits doigts agiles sur un clavier. Le problème, c'est que ces créatures ne se rendent pas compte qu'elles participent de la même manière à ce que furent les débuts du tourisme de masse, quand les agents de voyages ont senti que le bon peuple était prêt à s'envoyer en l'air sur la Costa Brava ou, un peu plus loin, sur la Costa del Sol, et qu'il passerait bientôt le Détroit pour des destinations encore plus exotiques. Trigano a fait fortune avec son Club Méditerranée.
Aussi, certains pensent qu'il est temps de se lancer dans le business des agences culturelles de masse en se spécialisant dans le domaine du tourisme textuel. Ils montent des entreprises qui vous permettront de vivre dans la peau d'un écrivain, d'un poète, d'un plasticien comme le touriste d'antan a pu se glisser dans la peau d'un Stanley ou d'un Livingstone. Le passeport sera un peu plus épais que celui d'un aventurier moderne, puisqu'il aura l'épaisseur d'un petit livre et contiendra tout ce que vous voudrez bien y mettre : des mots, des dessins, des photos, etc.. Tout ça, dans l'ordre qui vous plaira. En contrepartie, la modique somme d'argent, qui vous sera gentiment réclamée, servira à la publication de votre oeuvre au format epub, ainsi qu'à la rapide promotion de ce livre non-matérialisé sur le site de l'agence culturelle. Cette officine en ligne se chargera de tout ou presque. En effet, peu importe que votre syntaxe soit approximative, votre orthographe lacunaire, aucune correction ne sera pour autant envisagée. D'ailleurs, vos improbables lecteurs seront de toute façon bien plus indigents que vous sur ce plan et ne remarqueront rien. Mais, pour vous, n'en doutez pas, le but sera atteint, car vous accéderez alors au titre d'écrivain, poète, plasticien, photographe, en un mot : artiste ! Immaginez !!!
En tout cas, ne venez surtout pas vous plaindre, plus tard, si la nationale 7 du Web est surchargée, si de belles et authentiques pages culturelles sont défigurées à jamais, si les cantines de Palavas les Flux RSS sont toujours débordées, et, si chaque fois que vous mettez le nez sur la Toile, vous vous heurtez à des montagnes d'inepties qui menacent de s'écrouler sur vos cervelles ramollies...
Piloter sur cet immense marécage encombré de déchets, c'est prendre le risque de se retrouver prisonnier d'un amoncellement de merdes à la dérive. Pour éviter ce genre de déboires, il faut naviguer rapidement vers une destination connue, parmi celles inscrites dans nos bookmarks du temps où l'on pouvait encore se baguenauder sereinement sur le Net. Maintenant, quand on sort sur la Toile, on doit toujours pouvoir passer en force, donc penser à ne jamais trop réduire sa vitesse, garder à l'esprit la dangerosité des courants qui tentent de vous rabattre contre des monceaux de fadaises artistiques, poétiques, littéraires et autres. Ces mots qui ne désignent presque plus rien et ne sont plus que l'ombre de ce qu'ils furent avant que ne déferle le tsunami soulevé par quelques petits malins voraces et tenaces qui ont su flatter une profusion de "créateurs" en mal de reconnaissance.
Car ils sont des milliers à se croire appelés par la Gloire, à penser qu'un epub changera bientôt leur vie. Bien sûr, ils ne vous l'avoueront jamais, et prétendent qu'ils polluent le Web uniquement pour le plaisir d'agiter leur petits doigts agiles sur un clavier. Le problème, c'est que ces créatures ne se rendent pas compte qu'elles participent de la même manière à ce que furent les débuts du tourisme de masse, quand les agents de voyages ont senti que le bon peuple était prêt à s'envoyer en l'air sur la Costa Brava ou, un peu plus loin, sur la Costa del Sol, et qu'il passerait bientôt le Détroit pour des destinations encore plus exotiques. Trigano a fait fortune avec son Club Méditerranée.
Aussi, certains pensent qu'il est temps de se lancer dans le business des agences culturelles de masse en se spécialisant dans le domaine du tourisme textuel. Ils montent des entreprises qui vous permettront de vivre dans la peau d'un écrivain, d'un poète, d'un plasticien comme le touriste d'antan a pu se glisser dans la peau d'un Stanley ou d'un Livingstone. Le passeport sera un peu plus épais que celui d'un aventurier moderne, puisqu'il aura l'épaisseur d'un petit livre et contiendra tout ce que vous voudrez bien y mettre : des mots, des dessins, des photos, etc.. Tout ça, dans l'ordre qui vous plaira. En contrepartie, la modique somme d'argent, qui vous sera gentiment réclamée, servira à la publication de votre oeuvre au format epub, ainsi qu'à la rapide promotion de ce livre non-matérialisé sur le site de l'agence culturelle. Cette officine en ligne se chargera de tout ou presque. En effet, peu importe que votre syntaxe soit approximative, votre orthographe lacunaire, aucune correction ne sera pour autant envisagée. D'ailleurs, vos improbables lecteurs seront de toute façon bien plus indigents que vous sur ce plan et ne remarqueront rien. Mais, pour vous, n'en doutez pas, le but sera atteint, car vous accéderez alors au titre d'écrivain, poète, plasticien, photographe, en un mot : artiste ! Immaginez !!!
En tout cas, ne venez surtout pas vous plaindre, plus tard, si la nationale 7 du Web est surchargée, si de belles et authentiques pages culturelles sont défigurées à jamais, si les cantines de Palavas les Flux RSS sont toujours débordées, et, si chaque fois que vous mettez le nez sur la Toile, vous vous heurtez à des montagnes d'inepties qui menacent de s'écrouler sur vos cervelles ramollies...
28 April 2012
J'ai donc un peu mal de tête
Ce n'est pas vraiment le bon moment pour rédiger un nouveau billet : j'ai légèrement mal au crâne depuis ce matin, peut-être parce que le vent souffle plein d'humidité, en provenance de la Méditerranée. Le printemps n'a pas réussi à s’installer — le printemps de légende, celui qui fait chanter les petits oiseaux sur les branches verdoyantes des arbres gonflés de sève, se balançant dans la brise légère, sous un soleil radieux. La plupart des gens oublient que, particulièrement ici, dans ce maudit pays, le printemps est plutôt synonyme de pluie, et, qu'en réalité, cette saison se déploie généralement sous un ciel gris, nuageux, terne, avec des températures qui oscillent, dans la journée, autours des 20°C et rarement plus. Mais, c'est sans importance. Je ne suis pas du genre à me plaindre des conditions climatiques, surtout depuis que je ne quitte l'appartement qu'une fois tous les dix jours — jamais plus d'une heure — pour faire des courses indispensables, acheter suffisamment de cigarettes, histoire de vivre quelques jours l'esprit tranquille, en compagnie de mes animaux. J'ai donc un peu mal de tête, et je mets ça sur le compte de la situation atmosphérique, alors qu'il s'agit peut-être d'une surdose d'informations : j'ai laissé hier la radio branchée sur France-Info, un peu plus de dix minutes. En y réfléchissant, il me semble que l'origine de la douleur vient de ce moment d'égarement ; imprudemment, j'ai écouté blablater des journalistes et des politiciens, alors que j'y étais mal préparé. En effet, j'évite de subir ces rafales de sornettes depuis le début de l'année, depuis que la fameuse "campagne" a submergé les ondes radiophoniques. Ce qui fait que, complètement désaccoutumé, privé d'immunité face à ce type de discours, il est bien possible que ma cervelle si sensible, si délicate, si subtile, dorénavant à l'abri des pollutions médiatiques, soit un peu irritée suite à l'incident sonore de la veille. Ce qui est réconfortant, c'est de savoir que ce cirque va bientôt prendre fin, que le taux de scories politiques va sensiblement baisser avec les premiers jours de l'été, et que les ondes radio redeviendront dans quelques temps une source sonore assez inoffensive, en n'émettant ce type de conneries qu'au niveau habituel, régulièrement, sans les déferlantes actuelles. Vivement l'été ! Mais, l'été vient...
11 April 2012
Traverses
Le vendredi 6 avril, j'ai redessiné le template de SCH 2009, que j'ai rebaptisé Traverses. J'ai fait en sorte que le design de ce blog soit dans la continuité de mon site qui était en rade depuis pas mal de temps parce que je ne me donnais plus la peine d'encoder régulièrement de nouvelles pages pour le développer. Redessiner l'ensemble du site m'a demandé une bonne dizaine de jours. Un travail assez fastidieux qui n'est pas complètement fini, mais qui m'a permis d'élaguer tout ce qui ne me semblait pas nécessaire à son bon fonctionnement, telles que quelques enjolivures inutiles ou des pages qui m'ont parues sans intérêt. Traverses présente dorénavant un contenu assez pauvre en quantité, mais avec un avantage : on ne peut pas se perdre dans les méandres du site. J'ai voulu que les pages s'affichent à l'écran le plus rapidement possible, d'où une architecture minimaliste. La sobriété de la présentation ne me déplaît pas. Je suis assez content de mon travail, sachant que j'ai presque tout construit, sans emprunter grand chose aux développeurs professionnels. Il me reste encore à apporter quelques améliorations, à fournir du texte et de nouvelles images. Mais, rien ne presse. L'été viendra...
25 March 2012
Il est 11:45 AM
Il est 11:45 AM. Nous sommes passés, dans la nuit, au rythme des horaires d'été. Je suis furieux d'avoir à caler mon emploi du temps sur ces horaires à la con. Il va me falloir près de trois mois pour m'y faire, pour parvenir à ne pas trop y penser. Je me demande pourquoi, tous les matins, des millions de quadrupèdes humains se présentent volontairement à l’abattoir, sans broncher, avec une à deux heures d'avance sur le rythme solaire naturel. Je pense aux Hopi de l'Arizona qui refusent ce décalage horaire, en ne se pliant pas à la législation étatique, et je maudis la masse informe des citoyens apathiques, incapables de réagir face à cette stupide oppression. J'ai du mal à comprendre pourquoi les foules de travailleurs déjà écrasées sous le joug insupportable des contraintes horaires acceptent impassibles le passage à l'horaire d'été qui fera uniquement le bonheur des touristes imbéciles et, surtout, la joie de ceux qui tondent régulièrement la laine sur le dos de ces idiots. Civilisation de crétins !
22 March 2012
Inquiétante obscurité
Lundi dernier, à 05:14 AM UTC, l’hémisphère Nord de la planète Terre est entrée dans la période du printemps. Mais, à l'heure qu'il est, les Français n'en ont certainement pas encore pris conscience, ne se sont pas rendus compte que la durée du jour primait sur celle de la nuit, puisque, depuis le début de cette semaine, ils sont incroyablement obnubilés, fascinés par un fait divers qui occulte toute autre information et relègue aux oubliettes n'importe quel autre événement. Je suis sidéré par l'ampleur qu'à pu prendre ce phénomène produit par les médias, exploité jusqu'à la corde par les politiciens. J'ai du mal à réaliser que des millions d'individus puissent, si rapidement, se faire laver la cervelle, se laisser poser des oeillères et manipuler à ce point sur la base d'un fait divers aussi insignifiant. C'est ça qui me semble véritablement effrayant. Cette civilisation sur le déclin engendre des mouvements de foule, de profonds remous vraiment inquiétants.
13 December 2011
Remplissage
Je n'ai pas beaucoup de temps devant moi, j'ai un tas d'autres choses à faire, mais je ne résiste plus à l'envie de publier un post pour faire descendre, vers le bas de la page, le précédent billet qui me sort par les yeux à force de le voir s'afficher quand il m'arrive d'ouvrir ce blog. Je n'ai rien de particulier à dire. Je vais donc essayer de faire du remplissage avec ce qui me passe par la tête, dans l'immédiat.
J'ai l'impression que cette année l'activité des bloggers s'est encore amoindrie. Je parle d'impression, car je ne fréquente plus les cercles des bloggers francophones dont je suivais les publications, plus ou moins régulièrement, par le passé. Je ne suis pas allé chercher de statistiques qui confirmeraient ou non ce sentiment. Cette impression est fondée, en grande partie, sur le fait que j'ai coupé bon nombre de fils rss reliant des blogs, que j'avais sélectionnés pour FeedDemon, parce qu'ils ne sont plus alimentés régulièrement.
Il est bien possible que la campagne pour les élections présidentielles relance l'activité des bloggers qui se passionnent pour la politique, une passion, plus que toute autre, que j'ai du mal à comprendre. Si j'ai pu participer en ligne à quelques débats concernant certains faits de sociétés, il y a maintenant pas mal de temps que ce genre de choses ne m'intéresse plus. Progressivement, j'ai renoncé à la lecture des journaux, et je ne pense maintenant à allumer la radio qu'exceptionnellement, alors que ce geste était presque devenu un rituel matinal, une façon de reprendre mentalement contact avec la société des hommes. De plus, j'ai presque complètement délaissé mon compte Twitter sur lequel défilaient les messages de nombreux médias liés à l'information. Là encore, la séparation entre le monde de l'actualité et moi s'est creusée.
Si l'intérêt, que je portais à la marche du monde, s'est à ce point étiolé, c'est parce que la presse et la radio ne satisfont plus ma curiosité. J'ai l'impression que les événements rapportés par les journalistes n'en sont plus vraiment, mais que chaque "nouvelle" n'est qu'un avatar du passé, faisant retour avec quelques variantes : en lisant les articles de la catastrophe de Fukushima, je repensais à ceux sur Tchernobyl ; en suivant la révolution tunisienne, je revoyais des images de la contestation iranienne, deux ans auparavant ; il manquait dernièrement en Libye le piment et les meilleurs ingrédients qui avaient rendu digeste les informations sur la première guerre irakienne — la seconde fût bien moins intéressante ; la crise de l'euro me laisse complètement froid, aussi froid que la précédente crise des subprimes, sachant depuis longtemps à quel point l'économie relève plus de la boule de cristal ou du marre de café que d'une science quelconque ; quant aux prochaines élections présidentielles françaises, je crois inutile de mentionner ce que j'en pense, tellement cette affaire me parait insignifiante. La seule nouvelle, qui, cette année, a retenu mon attention pendant quelques jours, est, en réalité, un fait divers et les réactions qui ont entouré le scandale provoqué à sa suite : l'affaire DSK !
C'est sur cette affaire que SCH 2009 était resté bloqué, et c'est ce billet, celui que je m'apprête à publier, qui va enfin reléguer cette histoire aux oubliettes, ainsi probablement que l'année 2011, dont le seul grand événement — largement plus important, pour moi, que toutes les histoires à la con rapportées en un an par les médias — fût l'arrivée de Saki au 205, en plein milieu du mois d'août.
J'ai l'impression que cette année l'activité des bloggers s'est encore amoindrie. Je parle d'impression, car je ne fréquente plus les cercles des bloggers francophones dont je suivais les publications, plus ou moins régulièrement, par le passé. Je ne suis pas allé chercher de statistiques qui confirmeraient ou non ce sentiment. Cette impression est fondée, en grande partie, sur le fait que j'ai coupé bon nombre de fils rss reliant des blogs, que j'avais sélectionnés pour FeedDemon, parce qu'ils ne sont plus alimentés régulièrement.
Il est bien possible que la campagne pour les élections présidentielles relance l'activité des bloggers qui se passionnent pour la politique, une passion, plus que toute autre, que j'ai du mal à comprendre. Si j'ai pu participer en ligne à quelques débats concernant certains faits de sociétés, il y a maintenant pas mal de temps que ce genre de choses ne m'intéresse plus. Progressivement, j'ai renoncé à la lecture des journaux, et je ne pense maintenant à allumer la radio qu'exceptionnellement, alors que ce geste était presque devenu un rituel matinal, une façon de reprendre mentalement contact avec la société des hommes. De plus, j'ai presque complètement délaissé mon compte Twitter sur lequel défilaient les messages de nombreux médias liés à l'information. Là encore, la séparation entre le monde de l'actualité et moi s'est creusée.
Si l'intérêt, que je portais à la marche du monde, s'est à ce point étiolé, c'est parce que la presse et la radio ne satisfont plus ma curiosité. J'ai l'impression que les événements rapportés par les journalistes n'en sont plus vraiment, mais que chaque "nouvelle" n'est qu'un avatar du passé, faisant retour avec quelques variantes : en lisant les articles de la catastrophe de Fukushima, je repensais à ceux sur Tchernobyl ; en suivant la révolution tunisienne, je revoyais des images de la contestation iranienne, deux ans auparavant ; il manquait dernièrement en Libye le piment et les meilleurs ingrédients qui avaient rendu digeste les informations sur la première guerre irakienne — la seconde fût bien moins intéressante ; la crise de l'euro me laisse complètement froid, aussi froid que la précédente crise des subprimes, sachant depuis longtemps à quel point l'économie relève plus de la boule de cristal ou du marre de café que d'une science quelconque ; quant aux prochaines élections présidentielles françaises, je crois inutile de mentionner ce que j'en pense, tellement cette affaire me parait insignifiante. La seule nouvelle, qui, cette année, a retenu mon attention pendant quelques jours, est, en réalité, un fait divers et les réactions qui ont entouré le scandale provoqué à sa suite : l'affaire DSK !
C'est sur cette affaire que SCH 2009 était resté bloqué, et c'est ce billet, celui que je m'apprête à publier, qui va enfin reléguer cette histoire aux oubliettes, ainsi probablement que l'année 2011, dont le seul grand événement — largement plus important, pour moi, que toutes les histoires à la con rapportées en un an par les médias — fût l'arrivée de Saki au 205, en plein milieu du mois d'août.
Subscribe to:
Posts (Atom)