11 April 2012
Traverses
Le vendredi 6 avril, j'ai redessiné le template de SCH 2009, que j'ai rebaptisé Traverses. J'ai fait en sorte que le design de ce blog soit dans la continuité de mon site qui était en rade depuis pas mal de temps parce que je ne me donnais plus la peine d'encoder régulièrement de nouvelles pages pour le développer. Redessiner l'ensemble du site m'a demandé une bonne dizaine de jours. Un travail assez fastidieux qui n'est pas complètement fini, mais qui m'a permis d'élaguer tout ce qui ne me semblait pas nécessaire à son bon fonctionnement, telles que quelques enjolivures inutiles ou des pages qui m'ont parues sans intérêt. Traverses présente dorénavant un contenu assez pauvre en quantité, mais avec un avantage : on ne peut pas se perdre dans les méandres du site. J'ai voulu que les pages s'affichent à l'écran le plus rapidement possible, d'où une architecture minimaliste. La sobriété de la présentation ne me déplaît pas. Je suis assez content de mon travail, sachant que j'ai presque tout construit, sans emprunter grand chose aux développeurs professionnels. Il me reste encore à apporter quelques améliorations, à fournir du texte et de nouvelles images. Mais, rien ne presse. L'été viendra...
25 March 2012
Il est 11:45 AM
Il est 11:45 AM. Nous sommes passés, dans la nuit, au rythme des horaires d'été. Je suis furieux d'avoir à caler mon emploi du temps sur ces horaires à la con. Il va me falloir près de trois mois pour m'y faire, pour parvenir à ne pas trop y penser. Je me demande pourquoi, tous les matins, des millions de quadrupèdes humains se présentent volontairement à l’abattoir, sans broncher, avec une à deux heures d'avance sur le rythme solaire naturel. Je pense aux Hopi de l'Arizona qui refusent ce décalage horaire, en ne se pliant pas à la législation étatique, et je maudis la masse informe des citoyens apathiques, incapables de réagir face à cette stupide oppression. J'ai du mal à comprendre pourquoi les foules de travailleurs déjà écrasées sous le joug insupportable des contraintes horaires acceptent impassibles le passage à l'horaire d'été qui fera uniquement le bonheur des touristes imbéciles et, surtout, la joie de ceux qui tondent régulièrement la laine sur le dos de ces idiots. Civilisation de crétins !
22 March 2012
Inquiétante obscurité
Lundi dernier, à 05:14 AM UTC, l’hémisphère Nord de la planète Terre est entrée dans la période du printemps. Mais, à l'heure qu'il est, les Français n'en ont certainement pas encore pris conscience, ne se sont pas rendus compte que la durée du jour primait sur celle de la nuit, puisque, depuis le début de cette semaine, ils sont incroyablement obnubilés, fascinés par un fait divers qui occulte toute autre information et relègue aux oubliettes n'importe quel autre événement. Je suis sidéré par l'ampleur qu'à pu prendre ce phénomène produit par les médias, exploité jusqu'à la corde par les politiciens. J'ai du mal à réaliser que des millions d'individus puissent, si rapidement, se faire laver la cervelle, se laisser poser des oeillères et manipuler à ce point sur la base d'un fait divers aussi insignifiant. C'est ça qui me semble véritablement effrayant. Cette civilisation sur le déclin engendre des mouvements de foule, de profonds remous vraiment inquiétants.
13 December 2011
Remplissage
Je n'ai pas beaucoup de temps devant moi, j'ai un tas d'autres choses à faire, mais je ne résiste plus à l'envie de publier un post pour faire descendre, vers le bas de la page, le précédent billet qui me sort par les yeux à force de le voir s'afficher quand il m'arrive d'ouvrir ce blog. Je n'ai rien de particulier à dire. Je vais donc essayer de faire du remplissage avec ce qui me passe par la tête, dans l'immédiat.
J'ai l'impression que cette année l'activité des bloggers s'est encore amoindrie. Je parle d'impression, car je ne fréquente plus les cercles des bloggers francophones dont je suivais les publications, plus ou moins régulièrement, par le passé. Je ne suis pas allé chercher de statistiques qui confirmeraient ou non ce sentiment. Cette impression est fondée, en grande partie, sur le fait que j'ai coupé bon nombre de fils rss reliant des blogs, que j'avais sélectionnés pour FeedDemon, parce qu'ils ne sont plus alimentés régulièrement.
Il est bien possible que la campagne pour les élections présidentielles relance l'activité des bloggers qui se passionnent pour la politique, une passion, plus que toute autre, que j'ai du mal à comprendre. Si j'ai pu participer en ligne à quelques débats concernant certains faits de sociétés, il y a maintenant pas mal de temps que ce genre de choses ne m'intéresse plus. Progressivement, j'ai renoncé à la lecture des journaux, et je ne pense maintenant à allumer la radio qu'exceptionnellement, alors que ce geste était presque devenu un rituel matinal, une façon de reprendre mentalement contact avec la société des hommes. De plus, j'ai presque complètement délaissé mon compte Twitter sur lequel défilaient les messages de nombreux médias liés à l'information. Là encore, la séparation entre le monde de l'actualité et moi s'est creusée.
Si l'intérêt, que je portais à la marche du monde, s'est à ce point étiolé, c'est parce que la presse et la radio ne satisfont plus ma curiosité. J'ai l'impression que les événements rapportés par les journalistes n'en sont plus vraiment, mais que chaque "nouvelle" n'est qu'un avatar du passé, faisant retour avec quelques variantes : en lisant les articles de la catastrophe de Fukushima, je repensais à ceux sur Tchernobyl ; en suivant la révolution tunisienne, je revoyais des images de la contestation iranienne, deux ans auparavant ; il manquait dernièrement en Libye le piment et les meilleurs ingrédients qui avaient rendu digeste les informations sur la première guerre irakienne — la seconde fût bien moins intéressante ; la crise de l'euro me laisse complètement froid, aussi froid que la précédente crise des subprimes, sachant depuis longtemps à quel point l'économie relève plus de la boule de cristal ou du marre de café que d'une science quelconque ; quant aux prochaines élections présidentielles françaises, je crois inutile de mentionner ce que j'en pense, tellement cette affaire me parait insignifiante. La seule nouvelle, qui, cette année, a retenu mon attention pendant quelques jours, est, en réalité, un fait divers et les réactions qui ont entouré le scandale provoqué à sa suite : l'affaire DSK !
C'est sur cette affaire que SCH 2009 était resté bloqué, et c'est ce billet, celui que je m'apprête à publier, qui va enfin reléguer cette histoire aux oubliettes, ainsi probablement que l'année 2011, dont le seul grand événement — largement plus important, pour moi, que toutes les histoires à la con rapportées en un an par les médias — fût l'arrivée de Saki au 205, en plein milieu du mois d'août.
J'ai l'impression que cette année l'activité des bloggers s'est encore amoindrie. Je parle d'impression, car je ne fréquente plus les cercles des bloggers francophones dont je suivais les publications, plus ou moins régulièrement, par le passé. Je ne suis pas allé chercher de statistiques qui confirmeraient ou non ce sentiment. Cette impression est fondée, en grande partie, sur le fait que j'ai coupé bon nombre de fils rss reliant des blogs, que j'avais sélectionnés pour FeedDemon, parce qu'ils ne sont plus alimentés régulièrement.
Il est bien possible que la campagne pour les élections présidentielles relance l'activité des bloggers qui se passionnent pour la politique, une passion, plus que toute autre, que j'ai du mal à comprendre. Si j'ai pu participer en ligne à quelques débats concernant certains faits de sociétés, il y a maintenant pas mal de temps que ce genre de choses ne m'intéresse plus. Progressivement, j'ai renoncé à la lecture des journaux, et je ne pense maintenant à allumer la radio qu'exceptionnellement, alors que ce geste était presque devenu un rituel matinal, une façon de reprendre mentalement contact avec la société des hommes. De plus, j'ai presque complètement délaissé mon compte Twitter sur lequel défilaient les messages de nombreux médias liés à l'information. Là encore, la séparation entre le monde de l'actualité et moi s'est creusée.
Si l'intérêt, que je portais à la marche du monde, s'est à ce point étiolé, c'est parce que la presse et la radio ne satisfont plus ma curiosité. J'ai l'impression que les événements rapportés par les journalistes n'en sont plus vraiment, mais que chaque "nouvelle" n'est qu'un avatar du passé, faisant retour avec quelques variantes : en lisant les articles de la catastrophe de Fukushima, je repensais à ceux sur Tchernobyl ; en suivant la révolution tunisienne, je revoyais des images de la contestation iranienne, deux ans auparavant ; il manquait dernièrement en Libye le piment et les meilleurs ingrédients qui avaient rendu digeste les informations sur la première guerre irakienne — la seconde fût bien moins intéressante ; la crise de l'euro me laisse complètement froid, aussi froid que la précédente crise des subprimes, sachant depuis longtemps à quel point l'économie relève plus de la boule de cristal ou du marre de café que d'une science quelconque ; quant aux prochaines élections présidentielles françaises, je crois inutile de mentionner ce que j'en pense, tellement cette affaire me parait insignifiante. La seule nouvelle, qui, cette année, a retenu mon attention pendant quelques jours, est, en réalité, un fait divers et les réactions qui ont entouré le scandale provoqué à sa suite : l'affaire DSK !
C'est sur cette affaire que SCH 2009 était resté bloqué, et c'est ce billet, celui que je m'apprête à publier, qui va enfin reléguer cette histoire aux oubliettes, ainsi probablement que l'année 2011, dont le seul grand événement — largement plus important, pour moi, que toutes les histoires à la con rapportées en un an par les médias — fût l'arrivée de Saki au 205, en plein milieu du mois d'août.
02 July 2011
Je me prépare au pire
Hier, Pepe Le Perv, le plus célèbre des violeurs, en ce début de IIIème millénaire, a été "libéré sur parole". J'étais persuadé qu'il ne retournerait pas en prison, mais je ne pensais pas qu'il s'en sortirait si facilement. Bien sûr, le fait que le District Attorney Cyrus Vance Jr., soit complètement à la ramasse, et qu'il n'a donc pas dû être trop difficile d'exercer des pressions sur lui, sachant qu'il brigue un nouveau mandat, n'est certainement pas étranger à la libération du vieux libidineux. Évidemment, rien n'est définitivement joué dans cette affaire car, à ce stade, les accusations sont maintenues et la procédure suit son cours. Des interrogations sur les faits et la personnalité du pervers subsistent.
Mais, ce n'est pas simplement le fait que ce prédateur sexuel soit en liberté qui me pousse à réagir, c'est parce que j'ai pu lire que la majeure partie de la presse nationale et régionale française se félicite de savoir que ce type cours librement les rues, les restaurants et les lupanars new-yorkais. Si, je n'ai pas pris le temps de lire ce que les bloggers français en pensent, c'est parce que je sais par avance qu'ils sont dans le même état d'esprit que les vaillants journalistes, les faiseurs d'opinion de ce pays dont la population est majoritairement obsédée par l'argent, le pouvoir, la vinasse et le sexe. Je ne peux pas dire que l'affaire DSK révèle, en ce qui me concerne, quoi que ce soit sur l'ethos national, mais ça confirme, malheureusement, les représentations que je me suis faites, au fil des ans, au sujet du bon citoyen français, le démocrate parfait.
On me dit souvent que je vis en retrait, on me reproche - implicitement, la plupart du temps - de ne jamais participer aux activités et, encore moins, aux festivités du bon peuple français, on me tient pour un individu asocial, parfois marginal, mais peu de gens comprennent que je ne peux pas me laisser aller à la fréquentations de la majeure partie des habitants de ce pays sans réticences. Par ailleurs, plus d'une fois on m'a sorti la superbe tirade, celle que tout bon français connaît par coeur depuis son enfance : "Mais Monsieur, nous ne sommes pas du même monde !" Ceci avec l'air parfaitement indigné [cf. S. Hessel], comme savent si bien l'afficher ces quadrupèdes humains lorsqu'ils prononcent ce genre de formules magiques, en espérant vous écarter d'eux, le plus loin possible.
Et bien oui, et heureusement, connard ! Ça me ferait bien trop mal d’appartenir à ton monde de merde, à cette France moisie, rongée par la gangrène de l’hypocrisie, qui passe son temps à faire croire qu'elle prend la défense du faible, de l'opprimé, de la femme de chambre exilée et exploitée, mais qui célèbre sans vergogne le premier salopard qui leurs fait miroiter qu'en votant pour lui, puis en se soumettant à toutes ses volontés, il augmentera sensiblement l'épaisseur de leur misérable compte en banque ; que, grâce à lui, tous les foyers seront équipés d'un iPad ; et que les sexuels de tout poil pourront se donner autant de bon temps qu'il en a déjà pris dans les boites pour échangistes ou dans les chambres des Sofitel, aux quatre coins de la planète ; et, enfin, que ses intrépides électeurs au grand coeur pourront, à l'instar de son futur premier ministre humaniste, apporter du réconfort aux enfants du tier-monde en les initiant à la réflexologie plantaire, une méthode scientifique éprouvée, qui fait déjà le bonheur des petites secrétaires, même dans les régions les plus reculées de l'Hexagone.
Bref ! Mentalement, depuis que la campagne pour les présidentielles est lancée, je me prépare au pire. Je le dis, je le répète : je n'ai jamais voté, ni même pensé le faire une seule fois dans ma vie. Et, ce n'est sûrement pas en 2012 que je donnerai ma voix à qui que ce soit. Aucun des bâtards en lice pour la course au couronnement de la plus belle Ordure nationale ne pourra compter sur ma participation. Demain, encore moins qu'hier !
Mais, ce n'est pas simplement le fait que ce prédateur sexuel soit en liberté qui me pousse à réagir, c'est parce que j'ai pu lire que la majeure partie de la presse nationale et régionale française se félicite de savoir que ce type cours librement les rues, les restaurants et les lupanars new-yorkais. Si, je n'ai pas pris le temps de lire ce que les bloggers français en pensent, c'est parce que je sais par avance qu'ils sont dans le même état d'esprit que les vaillants journalistes, les faiseurs d'opinion de ce pays dont la population est majoritairement obsédée par l'argent, le pouvoir, la vinasse et le sexe. Je ne peux pas dire que l'affaire DSK révèle, en ce qui me concerne, quoi que ce soit sur l'ethos national, mais ça confirme, malheureusement, les représentations que je me suis faites, au fil des ans, au sujet du bon citoyen français, le démocrate parfait.
On me dit souvent que je vis en retrait, on me reproche - implicitement, la plupart du temps - de ne jamais participer aux activités et, encore moins, aux festivités du bon peuple français, on me tient pour un individu asocial, parfois marginal, mais peu de gens comprennent que je ne peux pas me laisser aller à la fréquentations de la majeure partie des habitants de ce pays sans réticences. Par ailleurs, plus d'une fois on m'a sorti la superbe tirade, celle que tout bon français connaît par coeur depuis son enfance : "Mais Monsieur, nous ne sommes pas du même monde !" Ceci avec l'air parfaitement indigné [cf. S. Hessel], comme savent si bien l'afficher ces quadrupèdes humains lorsqu'ils prononcent ce genre de formules magiques, en espérant vous écarter d'eux, le plus loin possible.
Et bien oui, et heureusement, connard ! Ça me ferait bien trop mal d’appartenir à ton monde de merde, à cette France moisie, rongée par la gangrène de l’hypocrisie, qui passe son temps à faire croire qu'elle prend la défense du faible, de l'opprimé, de la femme de chambre exilée et exploitée, mais qui célèbre sans vergogne le premier salopard qui leurs fait miroiter qu'en votant pour lui, puis en se soumettant à toutes ses volontés, il augmentera sensiblement l'épaisseur de leur misérable compte en banque ; que, grâce à lui, tous les foyers seront équipés d'un iPad ; et que les sexuels de tout poil pourront se donner autant de bon temps qu'il en a déjà pris dans les boites pour échangistes ou dans les chambres des Sofitel, aux quatre coins de la planète ; et, enfin, que ses intrépides électeurs au grand coeur pourront, à l'instar de son futur premier ministre humaniste, apporter du réconfort aux enfants du tier-monde en les initiant à la réflexologie plantaire, une méthode scientifique éprouvée, qui fait déjà le bonheur des petites secrétaires, même dans les régions les plus reculées de l'Hexagone.
Bref ! Mentalement, depuis que la campagne pour les présidentielles est lancée, je me prépare au pire. Je le dis, je le répète : je n'ai jamais voté, ni même pensé le faire une seule fois dans ma vie. Et, ce n'est sûrement pas en 2012 que je donnerai ma voix à qui que ce soit. Aucun des bâtards en lice pour la course au couronnement de la plus belle Ordure nationale ne pourra compter sur ma participation. Demain, encore moins qu'hier !
30 June 2011
Télévision
Je n'ai jamais vraiment aimé la télévision, peut-être parce que j'étais déjà adulte lorsque j'ai réellement eu affaire à ce type de média. C'est en m'installant en France, à l'âge de 23 ans, que, pour la première fois, un téléviseur est venu meubler mon appartement. C'était un appareil portatif, écran noir & blanc, sans télécommande, un Hitachi, si mes souvenirs sont bons. Je crois qu'en dehors des films, ce sont surtout les reportages, documentaires et débats sur des sujets de société qui m'intéressaient le plus ; du moins, dans une première période, le temps de me rendre compte que tout ça manquait franchement d'objectivité et ne collait que très vaguement à l'idée que je me faisais du monde, de la société, quand ça ne contredisait pas totalement mes propres expériences ou celles qui m'avaient été rapportées par des informateurs n'ayant aucun intérêt à falsifier le récit de situations vécues, des personnes non susceptibles de souffrir d'un syndrome mythomaniaque.
A l'évidence, au cours des reportages, documentaires et interventions, lors des débats sur les plateaux TV, la plupart des discours sonnaient faux et révélaient non pas une réalité possible, mais les fantasmes des producteurs des discours en question qui n'hésitaient pas à tordre les maigres faits recueillis au cours de leurs pâles investigations pour les faire entrer dans une perspective correspondante à leurs a priori, formulant de pauvres thèses faites d'idées reçues, de lieux communs et de stéréotypes qui ne pouvaient en aucun cas favoriser l'amorce d'une réflexion sur les objets qu'ils avaient la prétention de dévoiler et d'analyser. En réalité, ces journalistes, spécialistes et experts auto-proclamés ne travaillaient que dans un seul but : la fabrication de semi-fictions aux effets spectaculaires précédées d'une fausse promesse disant qu'ils donneraient à voir des choses exceptionnelles, extraordinaires, inimaginables, prodigieuses, sensationnelles, un tas de choses qui subjugueraient le téléspectateur. Dans l'esprit de ces professionnels, la réaction à distance du public fasciné par le son et l'image devait, au final, se traduire par des exclamations telles que : incroyable, pas-possible, lamentable, fantastique, c'est-pas-vrai, dégueulasse, salops-de-riches, merveilleux, putains-de-pauvres, révoltant, ou le désormais célèbre : je-suis-indigné !
Au bout de quelques mois, face à ce cirque, mon engouement pour ce genre d'émissions se dissolvait comme une goutte de sirop d'orgeat dans un verre d'eau pure. Il était alors devenu indéniable pour moi que ces reportages, documentaires et débats, souvent caricaturaux, n'étaient produits que dans le but d'orienter, dans un sens ou un autre, l'opinion du téléspectateur en jouant principalement sur ses affects. Se soumettre volontairement et passivement à la propagande idéologique d'une poignée de journalistes épaulés par un bataillon d'experts en tous genres était quelque chose d'inconcevable. De plus, une fois dévoilés les mécanismes grossiers de la machine à manipuler les esprits, ce carrousel médiatique n'offrait qu'un pitoyable spectacle qui ne se renouvelait jamais, avec une dizaine de thèmes repris en boucle selon les saisons ou l'humeur des rédacteurs-producteurs : violence, chômage, immigration, sexe, éducation, drogue, alimentation, port-ostensible-de-signes-religieux et, surtout, le fameux est-ce-que-cela-peut-nous-arriver-en-france-?.
Une cervelle dotée d'une once d'intelligence comprend rapidement qu'un téléviseur est un objet totalement inutile, sinon néfaste pour l'équilibre mental, sans même prendre en compte les dangers de l'incessant matraquage publicitaire. Je ne parle pas du sport car, dans ce domaine qui me semble encore plus désastreux pour l'intellect que la pub ; je crois n'avoir vu qu'une finale de tennis à Roland Garros, dont l'un des protagonistes était un Tchécoslovaque qui se nommait Yvan Landle - je ne me souviens pas de son adversaire.
Mais comme je n'ai pas toujours vécu seul, un poste TV a souvent encombré mon espace environnemental. Quand ARTE-TV a fait son apparition sur le réseau hertzien, j'ai fait l'achat d'un magnétoscope car cette chaîne diffusait de nombreux et bons films en V.O.. Je ne regardais que très peu de films en direct dans la nuit - un puissant soporifique pour BBL - mais je me faisais un plaisir de les visionner le matin, après avoir avalé une bonne dose de café. Et puis ARTE a cessé de diffuser directement ses films en V.O.. Il m'aurait fallu un téléviseur plus sophistiqué que le vieux Sony 30 pouces pour capter la version originale de la bande sonore des films. Alors que le DVD faisait son apparition et qu'un écran d'ordinateur était un bien meilleur vecteur de diffusion d'images qu'un écran TV, je renonçais irrévocablement à la contemplation de ce dernier.
Pendant quelques années encore, BBL s'affalait de temps à autres sur le canapé, face à la TV, sans jamais parvenir à me convaincre de suivre un programme en sa compagnie. Jusqu'au jour où, il y a environ deux ans, le vieux Sony - écran couleur Trinitron plat 30 pouces, portatif, télécommandé, remplaçant du Hitachi portatif, écran noir & blanc neigeux bombé 30 pouces, sans télécommande - est tombé définitivement en panne.
Je n'éprouve pas la moindre nostalgie pour ces appareils et encore moins pour les spectacles diffusés sur leur écran. Si je me suis longuement épanché sur ce thème, c'est je voulais seulement remplir une page afin de la publier sur ce blog qui souffre cruellement d'une très mauvaise et irrégulière alimentation. J'espère que les 4422 caractères qui précèdent lui tiendront au ventre jusqu'à la prochaine édition.
Ceci dit, si la télévision représente pour vous autre chose que ce qu'elle représentait pour moi, n'hésitez pas à me le faire savoir, je serais ravi de pouvoir en discuter. Je peux parler de tout et de n'importe quoi. Je suis expert en discussions. Je le suis devenu, il y a longtemps maintenant, en écoutant et en prenant exemple sur les intervenants conviés aux hallucinants débats produits par les cinq premières chaînes de la télévision nationale française.
A l'évidence, au cours des reportages, documentaires et interventions, lors des débats sur les plateaux TV, la plupart des discours sonnaient faux et révélaient non pas une réalité possible, mais les fantasmes des producteurs des discours en question qui n'hésitaient pas à tordre les maigres faits recueillis au cours de leurs pâles investigations pour les faire entrer dans une perspective correspondante à leurs a priori, formulant de pauvres thèses faites d'idées reçues, de lieux communs et de stéréotypes qui ne pouvaient en aucun cas favoriser l'amorce d'une réflexion sur les objets qu'ils avaient la prétention de dévoiler et d'analyser. En réalité, ces journalistes, spécialistes et experts auto-proclamés ne travaillaient que dans un seul but : la fabrication de semi-fictions aux effets spectaculaires précédées d'une fausse promesse disant qu'ils donneraient à voir des choses exceptionnelles, extraordinaires, inimaginables, prodigieuses, sensationnelles, un tas de choses qui subjugueraient le téléspectateur. Dans l'esprit de ces professionnels, la réaction à distance du public fasciné par le son et l'image devait, au final, se traduire par des exclamations telles que : incroyable, pas-possible, lamentable, fantastique, c'est-pas-vrai, dégueulasse, salops-de-riches, merveilleux, putains-de-pauvres, révoltant, ou le désormais célèbre : je-suis-indigné !
Au bout de quelques mois, face à ce cirque, mon engouement pour ce genre d'émissions se dissolvait comme une goutte de sirop d'orgeat dans un verre d'eau pure. Il était alors devenu indéniable pour moi que ces reportages, documentaires et débats, souvent caricaturaux, n'étaient produits que dans le but d'orienter, dans un sens ou un autre, l'opinion du téléspectateur en jouant principalement sur ses affects. Se soumettre volontairement et passivement à la propagande idéologique d'une poignée de journalistes épaulés par un bataillon d'experts en tous genres était quelque chose d'inconcevable. De plus, une fois dévoilés les mécanismes grossiers de la machine à manipuler les esprits, ce carrousel médiatique n'offrait qu'un pitoyable spectacle qui ne se renouvelait jamais, avec une dizaine de thèmes repris en boucle selon les saisons ou l'humeur des rédacteurs-producteurs : violence, chômage, immigration, sexe, éducation, drogue, alimentation, port-ostensible-de-signes-religieux et, surtout, le fameux est-ce-que-cela-peut-nous-arriver-en-france-?.
Une cervelle dotée d'une once d'intelligence comprend rapidement qu'un téléviseur est un objet totalement inutile, sinon néfaste pour l'équilibre mental, sans même prendre en compte les dangers de l'incessant matraquage publicitaire. Je ne parle pas du sport car, dans ce domaine qui me semble encore plus désastreux pour l'intellect que la pub ; je crois n'avoir vu qu'une finale de tennis à Roland Garros, dont l'un des protagonistes était un Tchécoslovaque qui se nommait Yvan Landle - je ne me souviens pas de son adversaire.
Mais comme je n'ai pas toujours vécu seul, un poste TV a souvent encombré mon espace environnemental. Quand ARTE-TV a fait son apparition sur le réseau hertzien, j'ai fait l'achat d'un magnétoscope car cette chaîne diffusait de nombreux et bons films en V.O.. Je ne regardais que très peu de films en direct dans la nuit - un puissant soporifique pour BBL - mais je me faisais un plaisir de les visionner le matin, après avoir avalé une bonne dose de café. Et puis ARTE a cessé de diffuser directement ses films en V.O.. Il m'aurait fallu un téléviseur plus sophistiqué que le vieux Sony 30 pouces pour capter la version originale de la bande sonore des films. Alors que le DVD faisait son apparition et qu'un écran d'ordinateur était un bien meilleur vecteur de diffusion d'images qu'un écran TV, je renonçais irrévocablement à la contemplation de ce dernier.
Pendant quelques années encore, BBL s'affalait de temps à autres sur le canapé, face à la TV, sans jamais parvenir à me convaincre de suivre un programme en sa compagnie. Jusqu'au jour où, il y a environ deux ans, le vieux Sony - écran couleur Trinitron plat 30 pouces, portatif, télécommandé, remplaçant du Hitachi portatif, écran noir & blanc neigeux bombé 30 pouces, sans télécommande - est tombé définitivement en panne.
Je n'éprouve pas la moindre nostalgie pour ces appareils et encore moins pour les spectacles diffusés sur leur écran. Si je me suis longuement épanché sur ce thème, c'est je voulais seulement remplir une page afin de la publier sur ce blog qui souffre cruellement d'une très mauvaise et irrégulière alimentation. J'espère que les 4422 caractères qui précèdent lui tiendront au ventre jusqu'à la prochaine édition.
Ceci dit, si la télévision représente pour vous autre chose que ce qu'elle représentait pour moi, n'hésitez pas à me le faire savoir, je serais ravi de pouvoir en discuter. Je peux parler de tout et de n'importe quoi. Je suis expert en discussions. Je le suis devenu, il y a longtemps maintenant, en écoutant et en prenant exemple sur les intervenants conviés aux hallucinants débats produits par les cinq premières chaînes de la télévision nationale française.
16 May 2011
Vacciné !
Depuis dimanche matin, j'ai passé tellement de temps à lire les salades que les internautes français laissent en guise de commentaires sur les journaux en ligne que je n'ai pas pris une minute pour alimenter l'un ou l'autre des mes blogs. Je dois reconnaître que le viol commis par le directeur du FMI a de quoi alimenter tous les fantasmes. Aussi, les internautes s'en sont donnés à coeur joie. Certains articles de la presse nationale sont suivis de plus de 5OO commentaires. Bien entendu, je n'ai pas pris la peine de tous les lire. D'autant plus que la plupart ne répètent, qu'avec très peu de variantes, ce qu'on a déjà lu des dizaines de fois sous un précédent article traitant du même sujet. Ce qui m'a le plus frappé, c'est de voir à quel point le citoyen hexagonal est doté d'un imaginaire formaté par les programmes TV. Tout événement, relaté par les médias, n'est compris qu'au travers du filtre télévisuel, la série policière, dans ce cas, faisant office de monde référentiel. Tout internaute qui se respecte se doit d'endosser le rôle de l'inspecteur en chef. Les délires vont bon train. C'est une accumulation de stupidités affligeantes. Pourtant, j'ai lu des commentaires jusqu'à en avoir la nausée. Je pense ainsi m'être vacciné, pour pas mal de temps, contre le virus de la bêtise qui se répand sur la toile, telle une épidémie de choléra, dès qu'une information de ce genre apparaît dans les médias. Je vais pouvoir me remettre à blogguer avec l'assurance d'être parfaitement immunisé lors de la prochaine attaque virale déclenchée par la future information fracassante, "le coup de tonnerre" [Aubry] qui nous apprendra, par exemple, que le violeur DSK s'est fait sexuellement agressé, alors qu'il ramassait la savonnette dans les douches de sa prison.
A bientôt !
A bientôt !
07 May 2011
Dupont de Ligonnès et la Meute
A longueur d'année, on peut lire sur la Toile que les internautes se sentent surveillés, fliqués, espionnés, traqués par la police du Web. Ils hurlent, indignés par des lois comme HADOPI, LOPPSI, etc. qu'ils jugent inadmissibles, inconcevables, inacceptables, insupportables, intolérables, irrecevables, et même liberticides - j'exagère un peu étant donné que le lexique de l'internaute est bien plus restreint. Tous appellent à la "résistance", chacun se sent une âme de petit Moulin face au terrible Barbie qui contrôle le Net d'une souris de fer.
"Résistance" est probablement l'une des occurrences les plus rencontrées par les linguistes qui bâtissent et analysent des corpus extraits du flot discursif produit par la bloggosphere française. On le sait, la vaillante communauté blobloggante est très à cheval sur les grands principes éthiques. Le quadrupède humain qui se prononce publiquement en ligne se doit d'être, avant tout, un humaniste fortement éclairé à l'ampoule halogène basse consommation.
Ainsi les blogs débordent de moraline. Le bloblogueur est le véritable héros 2.0. des réseaux. Il ne demande qu'à recevoir avec humilité les plus hautes distinctions qui récompensent, depuis l'aube de la lampe à acétylène, les grands hommes, les justes, les vrais.
Et puis, est survenu un fait-divers que la presse, la radio, la TV, ces grands médias, qui recrutent la crème de la résistance virtuelle, ont donné dernièrement en pâture à leurs lecteurs/auditeurs/spectateurs, et donc aux bloggers, transformant au passage un banal homicide en une histoire absolument extraordinaire : un père de famille, qui a froidement liquidé sa femme et ses rejetons, est en fuite ; la maréchaussée, toujours sur les dents, ne parvient pas à l'alpaguer.
Une chance, pour des milliers d'internautes, qui, en trois clics, vont enfin pouvoir se glisser avec délice dans la peau de la petite balance aux ordres de la Gestapo. C'est drôlement plus excitant que de jouer, à longueur d'année, les irréprochables, les vertueux, les purs, les durs, les sans-la-moindre-tâche, les indignez-vous. Ces internautes ont tous à portée de main le petit missel de Stéphane Hessel. Ils l'ont lu la larme à l'oeil, il y a à peine trois mois, et l'ont largement fait savoir.
L'incroyable nouvelle - les meurtres et la cavale de de Ligonnès - va transformer, en moins d'une semaine, nos valeureux résistants en une meute* affamée de sang. Cette meute, devenue foule, va essayer de faire mieux que HADOPI et LOPPSI réunis, en se lançant, la truffe bien humide, sur les traces que les Dupont de Ligonnès ont laissées sur le Web. C'est la curée ! La masse de lopettes hurle à tue-tête sur le Net : "Sus à Xavier le Crâne rasé !!!"
Ah, les bons citoyens, comme je les aime !
J'espère, maintenant, que Xavier Dupont de Ligonnès ne sera jamais retrouvé par la Police : ça me ferait trop mal au ventre de savoir qu'une de ces putains de balances en ligne, qu'un de ces putains de fouille-merdes puisse jubiler, dans quelques temps, en pensant avoir participé à l'arrestation de de Ligonnès. Cours, Xavier ! Cours !
*cf. Elias Canetti, Masse et puissance, 1960
"Résistance" est probablement l'une des occurrences les plus rencontrées par les linguistes qui bâtissent et analysent des corpus extraits du flot discursif produit par la bloggosphere française. On le sait, la vaillante communauté blobloggante est très à cheval sur les grands principes éthiques. Le quadrupède humain qui se prononce publiquement en ligne se doit d'être, avant tout, un humaniste fortement éclairé à l'ampoule halogène basse consommation.
Ainsi les blogs débordent de moraline. Le bloblogueur est le véritable héros 2.0. des réseaux. Il ne demande qu'à recevoir avec humilité les plus hautes distinctions qui récompensent, depuis l'aube de la lampe à acétylène, les grands hommes, les justes, les vrais.
Et puis, est survenu un fait-divers que la presse, la radio, la TV, ces grands médias, qui recrutent la crème de la résistance virtuelle, ont donné dernièrement en pâture à leurs lecteurs/auditeurs/spectateurs, et donc aux bloggers, transformant au passage un banal homicide en une histoire absolument extraordinaire : un père de famille, qui a froidement liquidé sa femme et ses rejetons, est en fuite ; la maréchaussée, toujours sur les dents, ne parvient pas à l'alpaguer.
Une chance, pour des milliers d'internautes, qui, en trois clics, vont enfin pouvoir se glisser avec délice dans la peau de la petite balance aux ordres de la Gestapo. C'est drôlement plus excitant que de jouer, à longueur d'année, les irréprochables, les vertueux, les purs, les durs, les sans-la-moindre-tâche, les indignez-vous. Ces internautes ont tous à portée de main le petit missel de Stéphane Hessel. Ils l'ont lu la larme à l'oeil, il y a à peine trois mois, et l'ont largement fait savoir.
L'incroyable nouvelle - les meurtres et la cavale de de Ligonnès - va transformer, en moins d'une semaine, nos valeureux résistants en une meute* affamée de sang. Cette meute, devenue foule, va essayer de faire mieux que HADOPI et LOPPSI réunis, en se lançant, la truffe bien humide, sur les traces que les Dupont de Ligonnès ont laissées sur le Web. C'est la curée ! La masse de lopettes hurle à tue-tête sur le Net : "Sus à Xavier le Crâne rasé !!!"
Ah, les bons citoyens, comme je les aime !
J'espère, maintenant, que Xavier Dupont de Ligonnès ne sera jamais retrouvé par la Police : ça me ferait trop mal au ventre de savoir qu'une de ces putains de balances en ligne, qu'un de ces putains de fouille-merdes puisse jubiler, dans quelques temps, en pensant avoir participé à l'arrestation de de Ligonnès. Cours, Xavier ! Cours !
*cf. Elias Canetti, Masse et puissance, 1960
06 May 2011
Obsolescence du snobisme
La société du spectacle est dépassée au sens où le spectateur d'hier, celui dont parlait Guy Debord, est devenu acteur. "L’apparat est une mise en scène de soi" qui "permet de partager un goût, une sensibilité", selon Anthony Mahé, sociologue et spécialiste du comportement du consommateur. A. Mahé avance qu'"il suffit d’observer un certain nombre de tendances chez les classes moyennes : la propension croissante des dépenses depuis trente ans affectées au confort intérieur de l’habitat ou la banalisation des objets High Tech, coûteux sans être pour autant au sens économique "utiles". On aime s’entourer de biens de consommation parce qu’ils nous relient aux autres, ils font du lien social. Les biens inaccessibles font eux rêver, comme la robe princière de Kate ou l’Aston Martin de leur échappée nuptiale."
La "mise ne scène de soi" est devenu la règle pour tous. Si l'expression "snob" était très en vogue à l'époque de Debord, elle a, aujourd'hui complètement disparue, du fait que tout le monde est snob, c'est à dire que plus personne ne l'est. Si vous achetez un i-Pod, puis un i-Phone, et, dernièrement, un i-Pad, vous devez le faire savoir, d'une manière où d'une autre, et chaque nouveau modèle sera une occasion de vous remettre en scène.
Dominique Strauss-Kahn a été photographié le 28 avril embarquant à bord d'une Porsche lors d'une visite à Paris. S'en est suivie, dans les médias, bloggosphere comprise, une polémique qui n'en finit plus d’enfler, régal du bon citoyen français. Mais quand DSK roule en porche, il doit le faire savoir. C'est la règle !
PS - Je tiens à préciser que je ne roule pas pour DSK, ni pour aucun des cabotins de la Comédie républicaine française. Je fais de mon mieux pour échapper à la société post-spectaculaire, même si le simple fait de tenir un blog, me force, en quelque sorte, à y participer. Ceci en attendant de me retirer définitivement au sommet de la montagne que je gravis lentement, mais sûrement : les quatre roues motrices de ma Porche Cayenne de plus en plus mordantes, déterminées. J'ai hâte d'atteindre ma retraite olympique, surtout quand il m'arrive, comme ce matin, de mesurer le niveau de déchéance morale de mes contemporains qui se déchirent pour de telles broutilles.
La "mise ne scène de soi" est devenu la règle pour tous. Si l'expression "snob" était très en vogue à l'époque de Debord, elle a, aujourd'hui complètement disparue, du fait que tout le monde est snob, c'est à dire que plus personne ne l'est. Si vous achetez un i-Pod, puis un i-Phone, et, dernièrement, un i-Pad, vous devez le faire savoir, d'une manière où d'une autre, et chaque nouveau modèle sera une occasion de vous remettre en scène.
Dominique Strauss-Kahn a été photographié le 28 avril embarquant à bord d'une Porsche lors d'une visite à Paris. S'en est suivie, dans les médias, bloggosphere comprise, une polémique qui n'en finit plus d’enfler, régal du bon citoyen français. Mais quand DSK roule en porche, il doit le faire savoir. C'est la règle !
PS - Je tiens à préciser que je ne roule pas pour DSK, ni pour aucun des cabotins de la Comédie républicaine française. Je fais de mon mieux pour échapper à la société post-spectaculaire, même si le simple fait de tenir un blog, me force, en quelque sorte, à y participer. Ceci en attendant de me retirer définitivement au sommet de la montagne que je gravis lentement, mais sûrement : les quatre roues motrices de ma Porche Cayenne de plus en plus mordantes, déterminées. J'ai hâte d'atteindre ma retraite olympique, surtout quand il m'arrive, comme ce matin, de mesurer le niveau de déchéance morale de mes contemporains qui se déchirent pour de telles broutilles.
04 May 2011
Sympathie pour le Troll
Je considère généralement les trolls avec une certaine sympathie. Le troll n'est sûrement pas l'individu le plus stupide de la bloggosphere. Il est souvent doté d'un vrai sens critique, qui lui permet de repérer facilement les failles argumentatives et les contradictions dans un texte - ce qui ne sera pas le cas ici. Faiblesses sur lesquelles il prend appui pour libérer sa hargne souvent occasionnelle, sinon, peut-être, pour laisser déborder l'écume de ses frustrations amères. Le troll permet souvent d'avoir des échanges dans un registre de langue fleurie, imagée qui correspond bien à ma nature.
Si j'ai laissé tomber le blogging, depuis pas mal de temps déjà, c'est aussi parce que, sur les blogs, le léchouillage est la règle. On réclame implicitement que le commentateur se munisse de la brosse à reluire avant de donner son avis. Dans le cas contraire, si le commentaire n'est pas flatteur, le graphomane, auteur du billet, et ses sbires, qui forment ce qu'on appelle "une communauté" - un blogger isolé est un blogger mort -, se jettent les dents en avant sur l'irrévérencieux, le pauvre type qui a osé formuler une critique négative. Que cette critique soit réellement fondée ne change rien à l'affaire.
Ces bourrins, qui, via leurs blogs, rêvent de changer le monde, refusent a priori de reconsidérer leurs opinions moisies, flottant sur les marécages glauques de la doxa. Ils considèrent ce qu'ils écrivent comme des vérités immuables, indépassables, sources sacrées de leur personnalité bien ancrée dans la société. Ce sont eux les représentants de la Civilisation.
Il n'y a qu'à lire avec quelle condescendance ils traitent les internautes qui n'entrent pas dans le cadre de la Civilisation. Je parle de ces internautes dont le patrimoine génétique correspond à celui de l'inventeur du Minitel. Des sauvages qu'il a fallu convertir aux joies de l'Internet, pilier de la Démocratie post-moderne. Les bloggers civilisés se sentent donc investis d'une mission : porter la bonne parole dans tous les foyers de la planète munis d'une prise électrique. Peu importe que ces sauvages soient "analphabêtes", Daylimotion saura leur parler. La Civilisation passera. On en a la certitude depuis le fameux "Printemps arabe". Imaginez ! Internet est capable de convertir un sauvage sanguinaire à la Démocratie, d'amener cet ahuri à prier avec ferveur au coeur du Palais des Cyberconnectés !
Or, le méchant troll casse un peu ces rapports si conviviaux entre internautes hautement civilisés parqués sous l'Assemblée du Peuple des Connectés, dont les membres forcément solidaires, enthousiastes - il n'y qu'à voir le nombre de ceux qui se déclarent passionnés - débattent de choses très constructives, ceci dans une ambiance détendue et festive, une atmosphère fleurant bon l'Apple Geek, subtil parfum flottant légèrement entre les murs de la sacro-sainte Blogosphère.
Pour les Civilisés du Net, le troll pue !
Si j'ai laissé tomber le blogging, depuis pas mal de temps déjà, c'est aussi parce que, sur les blogs, le léchouillage est la règle. On réclame implicitement que le commentateur se munisse de la brosse à reluire avant de donner son avis. Dans le cas contraire, si le commentaire n'est pas flatteur, le graphomane, auteur du billet, et ses sbires, qui forment ce qu'on appelle "une communauté" - un blogger isolé est un blogger mort -, se jettent les dents en avant sur l'irrévérencieux, le pauvre type qui a osé formuler une critique négative. Que cette critique soit réellement fondée ne change rien à l'affaire.
Ces bourrins, qui, via leurs blogs, rêvent de changer le monde, refusent a priori de reconsidérer leurs opinions moisies, flottant sur les marécages glauques de la doxa. Ils considèrent ce qu'ils écrivent comme des vérités immuables, indépassables, sources sacrées de leur personnalité bien ancrée dans la société. Ce sont eux les représentants de la Civilisation.
Il n'y a qu'à lire avec quelle condescendance ils traitent les internautes qui n'entrent pas dans le cadre de la Civilisation. Je parle de ces internautes dont le patrimoine génétique correspond à celui de l'inventeur du Minitel. Des sauvages qu'il a fallu convertir aux joies de l'Internet, pilier de la Démocratie post-moderne. Les bloggers civilisés se sentent donc investis d'une mission : porter la bonne parole dans tous les foyers de la planète munis d'une prise électrique. Peu importe que ces sauvages soient "analphabêtes", Daylimotion saura leur parler. La Civilisation passera. On en a la certitude depuis le fameux "Printemps arabe". Imaginez ! Internet est capable de convertir un sauvage sanguinaire à la Démocratie, d'amener cet ahuri à prier avec ferveur au coeur du Palais des Cyberconnectés !
Or, le méchant troll casse un peu ces rapports si conviviaux entre internautes hautement civilisés parqués sous l'Assemblée du Peuple des Connectés, dont les membres forcément solidaires, enthousiastes - il n'y qu'à voir le nombre de ceux qui se déclarent passionnés - débattent de choses très constructives, ceci dans une ambiance détendue et festive, une atmosphère fleurant bon l'Apple Geek, subtil parfum flottant légèrement entre les murs de la sacro-sainte Blogosphère.
Pour les Civilisés du Net, le troll pue !
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